SNCF – Avril 2010, Une Grève Avortée

Partie 1

Le MARDI 6 à 20 heures, un appel à la grève est lancé par la CGT Cheminots et SUD Rail. La CGT Cheminots a déposé des préavis de grève reconductible à la S.N.C.F. pour les conducteurs de train et les contrôleurs mais aussi les agents du .

Avril 2010 - Une Grève Avortée

Elle a également déposé des préavis pour une grève de 24 heures le JEUDI 8 AVRIL concernant les autres catégories de cheminots (guichetiers, agents de l’infrastructure, du matériel…). SUD Rail, quant à lui, a déposé un préavis de grève « Tous Services ».

Ce dossier, non exhaustif, retrace l’historique des évènements qui se sont produits sur une quinzaine de jours de grève.

Bonne lecture à tous,

La -CFDT.

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AVANT-PROPOS

Les Fédérations syndicales de cheminots se sont rencontrées en interfédérale le 8 MARS 2010.

A l’issue de cette réunion, la C.G.T., l’U.N.S.A. et la C.F.D.T. appellent les cheminots à se mobiliser le MARDI 23 MARS 2010 durant 24 heures, dans le cadre de l’action unitaire interprofessionnelle pour l’emploi décidée à la sortie du sommet social du 15 FÉVRIER 2010.

Comme le 3 FÉVRIER dernier, les Fédérations dénoncent, pêle-mêle, les réorganisations en cours dans l’entreprise, qui impliquent reclassements et suppressions d’emplois (notamment dans le Fret), la dégradation des conditions de travail, les méthodes managériales basées sur des critères financiers.

SUD Rail quant à lui va plus loin, et appelle à une grève reconductible souhaitant donner “une suite plus forte que 24 heures à cet ultimatum du 3 FÉVRIER”.

L’appel commun précise :

« Lors du sommet social du 15 février, le gouvernement n’a apporté aucune réponse concrète sur l’emploi, les salaires, le pouvoir d’achat, les conditions de travail et les politiques publiques, sources de profondes difficultés et d’un fort mécontentement pour les salariés du privé comme du public.

Au lendemain de la journée de grève du 03 Février 2010, la direction de la SNCF n’a pas apporté de réponses suffisantes et à la hauteur des attentes des cheminots. (…/…)

Le 23 mars sera l’occasion pour les cheminots de redire haut et fort l’urgence de changer de cap pour l’entreprise, en termes d’emploi, d’augmentation des salaires et de déroulement de carrière dans cette période de notation.

Cette journée permet de poser la première pierre d’une mobilisation indispensable des salariés du public et du privé dans la perspective d’une nouvelle réforme des retraites qui veut consacrer les vieilles recettes aussi inefficaces qu’inacceptables de l’augmentation de la durée de cotisation et de la baisse du niveau des pensions. (…/…)

Les Fédérations CGT-UNSA-CFDT dénoncent et regrettent la stratégie de division portée unilatéralement par la Fédération SUD Rail. Celle-ci ne peut qu’affaiblir les capacités de mobilisation des personnels au moment où face aux attaques et aux enjeux, le mouvement syndical doit rester uni. »

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- MARDI 23 MARS 2010 -
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Un communiqué de presse C.G.T. sort à 17h30 :

« La Direction de la SNCF doit répondre aux exigences des cheminots !

Ce mardi 23 mars 2010, avec plus de 32% de cheminots de tous les services en grève de 24 heures dans le cadre d’un mouvement social interprofessionnel et à l’appel unitaire des syndicats de cheminots CGT, UNSA et CFDT, c’est une nouvelle démonstration du rapport de force qui est signifiée au Président de la SNCF et au Gouvernement.

L’avenir du service public ferroviaire, les revendications sur les conditions de travail, la situation du Fret, l’emploi et les salaires ne doivent plus rester des questions sans réponse de la part de ceux qui nous dirigent. (…/…)

Après la grève du 20 octobre 2009, la manifestation nationale du 8 décembre 2009, et dans le prolongement de la grève nationale du 3 février 2010, la Direction de la SNCF est au pied du mur ce 23 mars 2010. L’ensemble des régions SNCF fait l’annonce de chiffres de grévistes qui accentuent les précédentes mobilisations. (…/…)

Dans ce contexte de forte mobilisation, la Fédération CGT des Cheminots va proposer aux autres fédérations syndicales qui se sont inscrites dans une dynamique unitaire (UNSA, CFDT) de se rencontrer dans les prochains jours afin de donner des suites et des prolongements à cette journée de grève.

La Fédération CGT des Cheminots appelle les cheminots à amplifier leur mobilisation, en l’absence de réponses aux légitimes revendications des agents, la direction de la SNCF doit se préparer à d’autres perspectives de luttes. »

L’APRÈS 23 MARS

Quelques jours après cette grève interprofessionnelle, une invitation est donc lancée aux représentants de l’U.N.S.A. et de la C.F.D.T. pour des réunions interfédérales.

SUD Rail n’est pas convié. La raison ? La C.G.T. n’a pas accepté le fait que le 23 MARS dernier SUD Rail ne soit pas « rentré dans le rang » à l’appel de l’Organisation Syndicale majoritaire et ait déposé de son côté un préavis de grève reconductible.

Autre raison capitale : un mécontentement grandissant des militants Cégétistes devant la répétition de grèves carrées de 24 heures, la C.G.T. craignant donc d’être dépassée par sa gauche et la perte de nombreux adhérents au profit de SUD Rail.

Un article paru dans « LesEchos.fr » nous apprend que :

« (…/…) Depuis quelques semaines, les signaux d’alerte se sont multipliés. On dit que de nombreux militants ont rendu leurs cartes pour aller chez SUD. « Certains bastions (à Toulouse, Marseille, Montpellier ou Clermont-Ferrand) ont aussi fait part de leur mécontentement devant la répétition de grèves de 24 heures lancées par la CGT ces derniers mois, et ce sans résultat.

Ces militants voulaient un grand conflit reconductible, quitte à suivre le prochain lancé par SUD », explique un bon connaisseur du monde cégétiste. La menace est prise au sérieux. Dès lors germe l’idée à la CGT d’un mouvement au long cours pour montrer ses muscles à sa population la plus radicale.

Mais il ne faut surtout pas que SUD se greffe dessus et en profite ! En cette fin mars, on décide de tout faire pour isoler l’importun. D’ordinaire, les réunions interfédérales se font au CCE de la SNCF, près de la Gare de l’Est à Paris. Trop risqué : le syndicat trublion pourrait s’inviter à l’improviste. Pour éviter ce piège, la CGT décide de faire la première réunion à son siège, à Montreuil. « Quasiment une première », raconte un participant.

Pour la seconde séance, quatre jours plus tard, retour au siège du CCE. Mais les membres de l’Unsa et de la CFDT-FGAAC ne reçoivent le numéro exact de la salle que quelques minutes avant le début de la réunion. Façon d’éviter les fuites. « C’était une atmosphère de conspiration anti-SUD », poursuit le même syndicaliste.

Le plan élaboré par Didier Le Reste est assez simple. Sept préavis de grèves catégorielles – et reconductibles -seront déposés à partir du mercredi 7 avril. Le jeudi 8, un autre préavis concernera tous les cheminots, mais pour une grève « carrée » de 24 heures. (…/…) »

Aussi, comme prévue, les rencontres proposées par la C.G.T. à l’U.N.S.A. et à la F.G.A.A.C./C.F.D.T. ont lieu les 26 et 29 MARS.

L’U.N.S.A. annonce d’emblée qu’elle ne participera pas à ce mouvement.

Du côté de la F.G.A.A.C./C.F.D.T., il y a hésitation car le mécontentement existe chez les Cheminots. Mais les revendications exprimées par la C.G.T. sont floues.

Un article paru dans « LesEchos.fr » précise :

« (…/…) Les mots d’ordre – de la politique de l’emploi à la question des salaires en passant par la réorganisation du fret -sont tellement larges que personne ne voit trop quelles mesures concrètes pourraient être obtenues. (…/…) »

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- MARDI 30 MARS 2010 -
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Par l’intermédiaire d’un tract intitulé « SUD Rail fait des propositions à la C.G.T. », SUD Rail écrit :

« Vous nous avez exclu des réunions interfédérales parce que nous avions un avis différent sur les modalités d’action autour du 23 mars. Dans la suite de ce que nous avions ensemble appelé « l’ultimatum de la grève du 3 février », nous étions pour un préavis reconductible le 23.

Nous ne voyons pas en quoi cette divergence sur la forme d’action devait entraîner notre exclusion de l’interfédérale, puisque nous étions d’accord sur l’inscription dans la journée nationale interprofessionnelle du 23 mars, et sur la nécessité d’une suite à l’ultimatum du 3 février à la SNCF. A la veille du 23 mars, dans plusieurs régions les militant-e-s CGT ont annoncé une grève nationale reconductible avec l’UNSA et la CFDT début avril.

Vous le savez, la fédération SUD-Rail est disponible pour une action d’envergure nationale de l’ensemble des cheminot-e-s. Mais nous avons des interrogations sur le contenu de cette initiative : Pourquoi vouloir s’allier à UNSA et CFDT et rejeter SUD-Rail ?

S’il s’agit d’un mouvement national contre le démantèlement de la SNCF et pour les revendications générales des cheminot-e-s (salaires, conditions de travail, etc.), est-ce très viable de faire le choix de rejeter SUD-Rail et de chercher à vous allier seulement avec les fédérations UNSA et CFDT qui viennent de signer l’accord salarial et qui s’inscrivent assez souvent dans les orientations de la direction ? N’y a-t-il pas un risque évident, dans ces conditions, de ne pas aller au bout de la démarche ? (…/…)

Est-ce une grève catégorielle des roulants ?

S’il s’agit d’organiser essentiellement une grève des roulants, pour la satisfaction de revendications catégorielles, la démarche est tout à fait légitime et compréhensible.

Est-ce que le 7 avril, ce serait un mouvement catégoriel pour les agents de conduite et les contrôleurs/ses ? Si c’est le cas, vous savez que la fédération des syndicats SUD-Rail est disponible, ce serait un prolongement au travail que nous menons depuis des mois.

Dans ce cas, évidemment, les revendications doivent correspondre aux cahiers revendicatifs spécifiques de ces catégories. Mais le fait qu’aucune information n’ait été diffusée aux cheminot-e-s à une semaine de cette grève, n’est-il pas un handicap, notamment pour tous les agents qui doivent déposer des Déclarations Individuelles d’Intention 48 heures avant la grève ? (…/…)

Travaillons ensemble dans l’intérêt des cheminot-e-s !

Bien sur, nous sommes disponibles pour une rencontre entre nos organisations ; peut être faut-il passer par cette étape, puisque suite à notre proposition d’interfédérale du 24 mars, vous avez préféré organiser deux interfédérales avec UNSA et CFDT, et sans nous, le 26 et le 29 mars.

Nous l’avions proposé pour le 23 mars, dans le cadre interprofessionnel, vous mettez en avant le 6 avril, … pour SUD-Rail peu importe la date, ce qui compte, c’est de créer les conditions d’une action de très haut niveau. Nos fédérations sont en situation de responsabilité pour cela. Ca n’a pas été possible le 23 mars, c’est peut être trop juste maintenant pour le 6 avril, l’essentiel est de construire ce mouvement fort, de définir les revendications qui unifient, et … d’agir ensemble !

La situation sociale des cheminot-e-s, les attaques contre le service public ferroviaire, nécessitent que les organisations syndicales décidées à lutter s’unissent. Cette unité, nous pensons qu’elle aura un effet dynamique vers d’autres fédérations syndicales, et surtout aux yeux des cheminot-e-s.

N’attendons-pas, car pendant ce temps-là, le gouvernement et la direction avancent !

Recevez cher-ère-s camarades nos salutations syndicalistes. »

Ce même jour, la C.G.T. dépose son préavis de grève pour la Traction :

« (…/…) Ces projets de réorganisations vont se traduire, à nouveau, par la suppression de nombreux emplois, le non respect de la règlementation du travail, du dictionnaire des filières, le développement de la précarité avec des conséquences négatives sur les conditions de vie et de travail des cheminots.

Aussi, conformément à l’article L2512‐2 du Code du Travail, la Fédération CGT des Cheminots vous dépose un préavis de grève du mardi 06 avril 2010 à partir de 20h, reconductible par période de 24h.

Ce préavis national de grève couvre l’ensemble du personnel de la Traction.Ce préavis est motivé par les exigences suivantes :

Sur l’organisation de la production :

  • Mixité des roulements et des résidences dans les établissements Traction multi‐activités avec le maintien d’une formation générique et transverse permettant un véritable parcours professionnel et l’arrêt des projets visant à créer des établissements mono‐activité ;
  • Arrêt de la transformation de l’activité TGV en Entreprises Ferroviaires (Eurostar, Thalys….)
  • Arrêt des filialisations et des externalisations des charges de Fret SNCF, arrêt du dumping en interne (transfert de charges TA vers CRLO, TB vers TA…).
  • Maintien des charges Traction Fret et Voyageur dans toutes les UP, en réponse aux besoins économiques des territoires ;
  • Maintien de Fret SNCF dans l’activité portuaire ;
  • Développement de l’activité « wagon isolé ».

Sur l’emploi :

  • La CGT exige des mises en stage TB, particulièrement sur la Région Parisienne mais également en province, afin d’attribuer les absences et effectuer 4 JF, tenant compte du pourcentage d’échec aux examens ;
  • La CGT exige une réorientation de la politique de l’emploi permettant d’améliorer les déroulements de carrière, notamment concernant la position 12 du TB2.
  • Les CRML et CRTT doivent intégrer les stages TB, les contractuels doivent intégrer le statut, de même que les accords Temps Partiel et CPA doivent être respectés. Cela doit permettre de remettre des réserves Traction en nombre suffisant.
  • Les GM doivent revenir sur les UP. La Direction doit respecter le dictionnaire des filières et garantir l’aspect transverse de cette spécialité intégrée au domaine Traction, ainsi que leur déroulement de carrière.
  • Le nombre de CTT doit permettre des équipes constituées au maximum de 20 ADC.

Sur l’amélioration des conditions de vie et de travail :

  • L’arrêt des projets d’extension de l’EAS,
  • L’attribution d’une prime complète pour les CRTT,
  • La prise en compte du temps de trajet RHR avec la réécriture de la TT0023,
  • Le retour des réserves Traction,
  • Le respect des textes réglementaires en vigueur notamment le dictionnaire des filières, la négociation métier conduite de décembre 2004, le RH0077… ;
  • Le respect de la commande doit être la règle, dans le cas contraire et suite à la CNM du 18 novembre 2009, l’Indemnité de Modification de Commande doit être appliquée. (…/…) »

Partie 2

La F.G.A.A.C./C.F.D.T. dépose son préavis de grève :

« Conformément à l’article L2512-2 du Code du Travail, la F.G.A.A.C / C.F.D.T. vous dépose un préavis de grève du mardi 06 avril 2010 à partir de 20h, reconductible par période de 24h. Ce préavis national de grève couvre l’ensemble du personnel de la Traction. Ce préavis est motivé par les exigences suivantes :

  • Renforcer les prérogatives de la traction : maintien des établissements traction, des délégations du personnel spécifique traction et arrêt de la dédicace des ADC aux activités.
  • Rémunération et reconnaissance des spécificités du métier d’ADC :
  1. Amélioration de la rémunération du travail de nuit.
  2. Mesure de compensation pour les conducteurs du Fret qui ont connu une perte de rémunération ces derniers mois du fait de restructuration.
  3. Amélioration de la rémunération des Agents de Conduite en cas d’absence due à maladie.
  • Attribution de la charge de travail en priorité aux agents de conduite de l’EPIC SNCF.
  • Respect du dictionnaire des filières :
  1. Arrêt du transfert de la charge conduite vers les CRLO
  2. Respect de la priorité d’accès aux formations TB pour les TA comptabilisant 3 années d’ancienneté, ce quelque soit l’UP leur UP d’origine (FRET)
  • Déroulement de carrière et parcours professionnel :
  1. Amélioration du déroulement de carrière des ADC et prise en compte des longues carrières à partir d’une durée maximale de 25 ans
  2. Respect de l’engagement sur les parcours professionnel par bassin d’emplois pour les conducteurs FRET et voyageurs
  • Conditions de travail :
  1. Mise en adéquation des effectifs Traction là où sont les charges de travail
  2. Respect de la réglementation du travail (RH 0077) (…/…) »

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- MERCREDI 31 MARS 2010 -
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SUD Rail dépose à son tour un préavis de grève tous services :

« La rencontre du 25 mars dans le cadre de la DCI déposée le 19 mars n’a pas apporté de réponses aux interrogations et revendications de l’ensemble des cheminot-e-s et dans toutes les fonctions. La direction s’est contentée de reprendre ce qu’elle avait déjà fait dire par ses représentants dans diverses instances et réunions sans plus.

C’est pourquoi, la Fédération SUD-Rail, conformément à l’article L 2512-2 du code du travail, vous dépose un préavis de grève, pour une durée illimitée, à compter du 06 avril 2010 à 20h00.

Ce préavis national couvre l’ensemble des personnels de la SNCF. (…/…)

La fédération SUD Rail revendique :

  • La prise en charge intégrale par l’entreprise d’un système permettant aux ADC embauchés après le 01/01/09 d’obtenir des bonifications retraites en temps similaires à celle des autres ADC.
  • L’arrêt de la déqualification des métiers de la conduite par le transfert de charge de travail vers des emplois moins bien formés et moins bien rémunérés (CRTT, CRLO+) et l’arrêt immédiat du projet de déploiement de CRTT sur Nantes-Clisson.
  • la tenue rapide d’une véritable Table ronde mettant à l’ordre du jour l’ensemble des problématiques tractions, donnant des garanties quant à l’unicité de la filière traction et au niveau d’exigence de formation pour assurer la conduite d’un train.
  • L’arrêt du projet SIRIUS qui va encore dégrader les conditions de travail des agents et supprimer de l’emploi.
  • Nous refusons toute obligation qui serait faite à un ADC du port d’un uniforme qui ferait de lui une cible et serait un frein à l’exécution de sa mission.
  • Nous exigeons une véritable Direction Traction garante de la filière et non asservie aux activités.
  • La reconnaissance du risque AMIANTE pour les ADC et des mesures immédiates pour protéger les agents.
  • La mixité des roulements en cohérence avec le besoins des sites et des résidences dans les établissements Traction multi-activités, avec le maintien d’une formation générique et transverse permettant un véritable parcours professionnel et l’arrêt des projets visant à créer des établissements mono-activité.
  • L’amélioration des conditions de vie et de travail avec l’arrêt du recours aux missions Z et au Fac systématique, l’arrêt des projets d’extension de l’EAS, la prise en compte du temps de trajet RHR, le retour des réserves Traction et l’arrêt des transferts de charges TB/TA.
  • Le maintien de la gestion du personnel dans les UP par des tractionnaires de la spécialité GM.
  • L’arrêt des filialisations et des externalisations des charges de Fret SNCF et d’Eurostar. (…/…) »

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- JEUDI 1 AVRIL 2010 -
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Ce jour, une délégation F.G.A.A.C./C.F.D.T. a été reçue à 17h00. Il en ressort que les demandes de la F.G.A.A.C./C.F.D.T. ont été en majorité prises en compte :

  • Limitation du processus « d’intégration industrielle » mis en place sur le Fret et garantie sur la place de la Traction dans les établissements Multi métiers.
  • Renforcement du rôle et de la place du Domaine Traction dans la nouvelle organisation de l’entreprise (budget effectifs, métier, mutations,…)
  • Des engagements ont été réaffirmés sur les parcours professionnels et la direction s’est engagée à en assurer le suivi.
  • Sur les accès aux formations TB des TA comptabilisant 3 années d’ancienneté, la Direction a convenu que des disfonctionnements ont eu lieu et s’engage à prendre des mesures assurant une équité de traitement entre les CRML quels que soient leur lieu et leur unité d’affectation.
  • Des mesures spécifiques de notation vont permettre de prendre en compte :
  1. les agents de conduite qui ont été retardés dans leur déroulement de carrière qui comptabilisent une OSVC d’au moins 29 années ;
  2. les agents dont le délai de séjour sur la PR 12 est prolongé.
  • La mesure spécifique « roulements intermédiaires » est prolongée au moins jusqu’en 2012.
  • Priorité pour les accès aux postes d’assistants à l’encadrement pour les ADC en fin de carrière.
  • Sur les projets CRLO et Tram-Train, la Direction s’est engagée à ne pas modifier le dictionnaire des filières. Sur le Tram-Train, le développement des trafics doit permettre de maintenir les charges de travail TB.
  • Sur la rémunération nous avons obtenu :
  1. L’amélioration de la prise en compte de la situation de maladie.
  2. La création d’une prime interopérable pour le voyageur,
  3. L’augmentation de 1% du paiement des heures de nuit de la prime de Traction (Art 4 TT009).
  • Malgré le refus de la Direction du Fret (voir compte rendu audience Blayeau) face à notre détermination, la Direction s’est engagée à compenser les pertes de primes de traction des ADC du Fret consécutives à la baisse du trafic.

Pour la Traction, la Direction a décidé 200 mises en stages supplémentaires pour le deuxième semestre 2010.

Aussi, après consultation des ses instances, la F.G.A.A.C./C.F.D.T. décide de ne pas appeler à la grève dans le cadre de son préavis déposé pour le 6 AVRIL 2010.

L’article dans « LesEchos.fr » poursuit :

« (…/…) Voilà la CGT embarquée dans une grève incertaine avec son pire ennemi… »

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- LUNDI 5 AVRIL 2010 -
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La C.G.T. et Sud Rail, à l’origine de la grève, ont laissé entendre que le mouvement reconductible ne cesserait pas tant que les négociations sur le recrutement et les salaires ne seraient pas rouvertes.

Il n’en est pas question, a dit Guillaume PEPY.

« On ne peut pas, tout en faisant grève, vouloir négocier et penser obtenir plus. Soit on négocie, soit on fait grève », a-t-il dit sur RTL.

« Tout le monde s’accorde à dire qu’aujourd’hui il y a trop de grèves à la S.N.C.F.. Ma méthode, c’est on négocie avant, et la négociation rapporte plus que la grève », a-t-il ajouté.

Didier LE RESTE, secrétaire général de la C.G.T. Cheminots, s’attaque au haut fonctionnaire dans un entretien.
Le dialogue au sein de l’entreprise souffrirait des mauvaises relations entre les deux hommes.

« Le dialogue est vraiment compliqué. Mes relations avec Guillaume PEPY sont très difficiles. Avec le président (Louis) Gallois, on n’était pas toujours d’accord mais on savait où on allait », dit-il.
« Si on continue dans ce non-dialogue, cela risque d’être casse-gueule…pour tout le monde ».

La direction de la S.N.C.F. a le soutien de son premier actionnaire, l’Etat, dans ce conflit, selon le ministre des Transports Dominique BUSSEREAU.

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- MARDI 6 AVRIL 2010 -
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Guillaume PEPY a réaffirmé ce jour que : «La négo c’est avant la grève sinon on ne parviendra jamais à réduire le nombre de grèves à la S.N.C.F. (…). La négo rapporte plus que la grève parce que c’est ça qui permet de protéger les usagers et la S.N.C.F.. Une grève ça coûte 20 millions d’euros par jour [à l'entreprise]», a-t-il ajouté. Un coût d’autant plus lourd que, en 2009, la S.N.C.F. a subi une perte nette de 980 millions d’euros.

«Les négociations ont eu lieu pendant 18 heures en fin de semaine dernière, dans sept métiers, et des résultats tout à fait tangibles ont été obtenus», a insisté Guillaume PEPY.

Notamment 460 embauches supplémentaires ont été débloquées, mais la S.N.C.F. n’a pas fait de nouvelle prévision globale pour l’emploi en 2010 alors que son budget pour l’année comprend 1.404 suppressions de postes.

Ce matin, le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique BUSSEREAU, avait de son côté jugé cette nouvelle grève à la S.N.C.F. « incompréhensible et affligeante », dénonçant une « course à l’échalote » syndicale.

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- MERCREDI 7 AVRIL 2010 -
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La S.N.C.F. annonce 8,82 % de grévistes dont 36,8 % de conducteurs et 38,7 % de contrôleurs.

SUD Rail sort un communiqué de presse :

« Tous services, un quart des régions SNCF enregistrent une mobilisation des personnels d’exécution supérieure à 25% avec même plus de 50% en Languedoc-Roussillon.

Dans la branche Fret, c’est 40% des personnels d’exécution qui sont en grève et 11% des agents de maitrise. C’est le signe d’un rejet massif de la politique de dissolution de Fret SNCF menée par le tandem Blayau/Pépy.

Pour les agents de conduite et les agents de trains, avec en moyenne 40% de mobilisation, c’est bien la politique d’éclatement de ces filières, aux seules fins de mettre ces personnels à dispositions des filiales ou des futures entreprises privées qui est massivement rejeté. (…/…) »

Cette même Organisation Syndicale reconnaît déjà dans un tract sorti ce même jour :

« (…/…) Quoi qu’il en soit, volontairement ou pas, ce mouvement de grève n’est vraiment pas lancé dans les meilleures conditions.(…/…) »

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- JEUDI 8 AVRIL 2010 -
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La S.N.C.F. annonce 13,85 % de grévistes, l’augmentation étant due à l’appel d’une grève carrée de 24 heures par la C.G.T. pour les sédentaires.

Pour la première fois, l’entreprise a fait appel à une cinquantaine d’huissiers (environ 2 par régions) pour éviter les polémiques avec les syndicats sur le comptage des grévistes.

Des méthodes qui ne sont évidement pas du goût des syndicats. «C’est un signal négatif qui ne peut que radicaliser les positions», a ainsi jugé Didier LE RESTE, secrétaire général de la C.G.T. Cheminots.

Extrait d’un tract C.G.T. :

« (…/…) En fin de matinée on recensait 19,85 % de grévistes tous services avec notamment 85% (+5%) d’ASCT (contrôleurs…) en grève à Rouen, 51% (+6%) d’ADC (Agents de Conduite…)à Nantes, 55% (+2%) d’ADC à Rennes, 52% (-3%) d’ADC à Tours, 80% (+8%) d’ASCT et 85,6% (+7%) d’ADC à Toulouse, 74% (+15%) d’ADC en grève à Lyon, 50% (+5%) d’ADC à Clermont Ferrand, 85% (+9%) d’ASCT en grève et 54% (+3%) d’ADC à Marseille, 70% (+6%) d’ADC à Montpellier, 69% (+9%) d’ASCT à Paris Sud Est … (…/…) »

SUD Rail communique :

« (…/…) Dans les autres secteurs, (Equipement, Matériel, services commun..), la mobilisation est plus difficile, car la division syndicale qui n’a pas permis une préparation unitaire et de qualité, pèse lourdement.

A cela s’ajoute l’incompréhension des cheminot-e-s autour des préavis CGT limités à 24 heures pour certaines catégories et reconductibles pour d’autres.

La fédération SUD-Rail n’a pas été reçue par la direction qui refuse toujours obstinément tout dialogue avec les cheminot-e-s engagés dans l’action que ce soit sur les problèmes de fond de l’entreprise ou sur les revendications métiers.(…/…) »

 

L’article de presse issu du site «LesEchos.fr» poursuit :

« (…/…) Au deuxième jour de grève, Didier Le Reste s’invite avec une cinquantaine de grévistes au siège de la compagnie ferroviaire, pour forcer la direction à le recevoir.

Guillaume Pepy ne se donne pas la peine de le faire, et c’est le DRH, François Nogué, qui s’en charge. « En 1995, Bernard Thibault était reçu par les ministres. C’est forcément perçu comme une humiliation », relève un bon connaisseur du monde ferroviaire.

Les premiers jours du conflit ne sont pas de nature à rasséréner le leader cégétiste. (…/…)

La grande grève nationale s’est transformée en de multiples conflits locaux, certes très virulents, mais circonscrits. »

Didier LE RESTE, le secrétaire général de la C.G.T. Cheminots, est ressorti furieux de sa rencontre avec la direction de la S.N.C.F., l’entreprise refusant de négocier.

Puisque « la Direction est dans une position de blocage », le syndicaliste appelle les cheminots « à poursuivre et amplifier » la grève.

Partie 3

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- VENDREDI 9 AVRIL 2010 -
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La S.N.C.F. annonce 5,29 % de grévistes dont 29,81 % chez les conducteurs et 30,44 % chez les contrôleurs, contre 47 % et 45 % selon la C.G.T..

Le secrétaire général de la C.G.T. Cheminots, Didier LE RESTE, estime que les prévisions de circulation sont « de l’intox » alors que « des trains sont supprimés à la dernière minute dans les gares et que les usagers restent à quai ».

Après la rencontre infructueuse jeudi après-midi avec la direction, qui n’a pas voulu ouvrir de négociations, il a appelé les cheminots « à poursuivre et amplifier » le mouvement devant une centaine de militants qui occupaient le hall du siège de la SNCF à Paris.

Bernard AUBIN écrit sur son Blog :

Grève SNCF : autopsie d’une action avortée

La mayonnaise n’a pas pris. Les ingrédients ont été mal choisis. Le cuistot a été d’une maladresse consternante. Et pourtant, de bonnes vieilles méthodes avaient été mises à contribution. Petites pressions habituelles sur les adhérents, pas toujours très amicales, et quelques artifices plus récents, comme l’envoi en nombre de SMS aux militants. Cette grève, même ses initiateurs ne la sentaient pas… Et on les comprend.

Retour en arrière

Quelques jours seulement après la grève presqu’unitaire du 23 mars, la CGT a décidé de lancer un nouveau mouvement à la SNCF. Les motifs de mécontentement et d’inquiétude ne manquent pas chez les cheminots. Mais pourquoi une action maintenant ? Et surtout avec qui ! Le syndicat majoritaire avait de longue date exclu 3 syndicats des rencontres interfédérales. Un de plus, Sud-rail, a été écarté de la préparation de l’action. Et dire que que la CGT se plaint de la division !

Une fois n’est pas coutume, l’UNSA n’a pas suivi la voie de son maitre. C’est la CFDT qui s’y est attelée. Sentant l’échec arriver, la CGT avait appelé la direction de la SNCF à négocier… Ce qui fut fait mais avec la CFDT. Du coup, cette dernière s’est retirée du conflit abandonnant la CGT à son frère ennemi : Sud-rail. Ne souhaitant pas laisser les manettes à la seule CGT, le syndicat contestataire avait déposé entretemps son propre préavis.

Loulou parti, yeux rougis

Cette contrariété de dernière minute s’est ajoutée à une tension plus ancienne. La CGT ne s’est jamais remise du départ de Loulou et surtout de la fin de 10 années d’une cogestion presque sans nuage. Une réorganisation ? De fortes protestations du syndicat majoritaire pour bien faire, quelques négociations de couloir au plus haut niveau, une petite grève « carrée » et l’affaire était réglée. Même les militants de terrain, les vrais, les authentiques, se sont fait abuser.

Avec Guillaume, fini les négos de couloir. On prend ses responsabilités ou on se fait remballer. Et les caresses dans le sens du poil de la CGT ne semblent pas être sa tasse de thé. Au moins les cheminots se feront-ils moins abuser. Alors, Didier s’est fâché, et contrarié, il est resté. Guillaume, lui, n’a pas lâché. Celui qui rêvait d’avoir un jour son heure de gloire, son octobre-novembre 95, a beaucoup gesticulé, sans jamais y arriver.

Ce qui est dramatique, dans cette affaire, c’est que pour reprendre l’expression consacrée, ils ont été « pris en otage ». Qui, les usagers ? Surtout les cheminots empêtrés dans des enjeux qui les ont largement dépassés. Combien d’entre-eux, de toute bonne fois, ont sacrifié leur salaire pour satisfaire des ambitions aux antipodes de leurs convictions ? Combien, pensant bien faire, se sont finalement tiré une balle dans le pied, avec un pistolet CGT ?

Ce conflit, s’il ne rapportera rien aux cheminots, aura au moins fait un gagnant. Quelque part à Paris, dans un certain Palais, on entend déjà quelques ricannements…»

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- DIMANCHE 11 AVRIL 2010 -
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Au 6ème jour de grève, SUD Rail communique :

« (…/…) Ce dimanche, SUD-Rail s’est une nouvelle fois adressé au Président de la SNCF pour exiger qu’il négocie sur les revendications des grévistes.

Pour l’heure, c’est toujours le silence de son côté.

Le refus de certaines fédérations syndicales de soutenir les grévistes, le fait que seule la fédération SUD-Rail ait déposé un préavis reconductible couvrant tous les cheminot-e-s (roulants et sédentaires), ont amené à un début de mouvement difficile.

Actuellement, il y a une grève nationale des contrôleurs/ses et des agents de conduite ; à l’Exploitation, au Matériel, à l’Equipement, etc., la grève ne touche que les établissements où les deux syndicats CGT et SUD-Rail y appellent … et cela ne concerne que quelques régions.

Ces régions montrent l’exemple à suivre, mais ne peuvent supporter à elles seules une action nationale.

Nous sommes à un tournant de ce mouvement.

Soit, la situation demeure celle-ci, et nous aurons alors une grève de « roulants ».(…/…) »

 

La C.G.T. quant à elle, écrit :

« Après 6 jours de fortes mobilisations, notamment pour les agents du Fret, des Etablissements Traction et des Etablissements Commerciaux Trains, il est intolérable que la Direction de la SNCF et le Président Guillaume PEPY s’installent dans une telle posture de déni vis-à-vis des cheminots en grève en refusant l’ouverture de négociations. (…/…)

Si la Direction tente de spéculer sur le pourrissement du conflit, elle doit mesurer les conséquences d’une telle attitude et les responsabilités qu’elle porte en matière de dialogue social et de détérioration des conditions de transports.

Avec la CGT, les cheminots vous interpellent solennellement aujourd’hui au titre de votre responsabilité de représentant de la Direction de la SNCF pour que s’ouvrent dans les heures qui viennent des négociations prenant appui sur les revendications transverses des cheminots de tous les services et portant sur :

  • la croissance de l’activité de Fret SNCF par le maintien en service de tous les triages par gravité et de l’appareil de production pour répondre aux exigences de la Nation en matière de transport passant par une politique offensive et de développement pour le wagon isolé.
  • Une évolution significative des emplois pour garantir la qualité de la production ferroviaire de l’EPIC SNCF et l’amélioration des conditions de travail des cheminots.
  • Une révision de l’organisation de la production par l’abandon de tous les projets visant à l’éclatement de l’entreprise publique et à l’affaiblissement de son efficacité. Les restructurations territoriales, la création d’établissements, d’unités de production ou de roulements mono activité engagées à la hussarde sont source de souffrance au travail pour les cheminots, de détérioration de la qualité de la production, de fragilisation de la sécurité des circulations.
  • L’ouverture de négociations salariales prenant en compte la baisse du pouvoir d’achat des cheminots au regard du niveau d’inflation et de l’évolution des prix (augmentations générales et primes de travail). (…/…) »

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- LUNDI 12 AVRIL 2010 -
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Au 7ème jour d’une grève des conducteurs et contrôleurs, la Direction de la S.N.C.F. annonce que 3,26 % des Cheminots sont en grève dont 26,6 % des contrôleurs et 28,6 % des conducteurs.

Dans une lettre adressée aux quatre syndicats représentatifs (C.G.T., SUD Rail, C.F.D.T., U.N.S.A.) de l’entreprise publique, la S.N.C.F a proposé, lundi, une table ronde sociale pour discuter emploi, parcours professionnels, conditions de travail et ouverture à la concurrence du transport régional.

La SNCF évoque la date du 21 AVRIL pour cette rencontre ou « plus tôt, si trois éléments sont réunis : le retour à la normale du trafic, la participation de tous les syndicats, une discussion sur tous les sujets qui intéressent les cheminots ».

Aussitot la C.G.T. communique sur ce courrier :

« Le Directeur des Ressources Humaines, François Nogué, vient d’adresser un courrier à toutes les fédérations pour les réunir le 21 avril 2010! Une nouvelle fois, la Direction démontre sa volonté de ne pas négocier en programmant, au 6ème jour de grève, une réunion dans 9 jours !!! Mais la cerise sur le gâteau, c’est le contenu de cette table ronde. En effet, la Direction nous propose de venir discuter sur les points suivants :

  • Accompagnement de la dédicace des personnels roulants, la mobilité et la mise à disposition des personnels entre sociétés de la SNCF ;
  • Discussions sur les modalités de l’ouverture à la concurrence du transport public de voyageur et organisation d’un débat interne….

Ce n’est pas le message que les cheminots, en grève depuis le 6 avril avec la CGT, ont envoyé à la Direction !

Ils exigent l’arrêt de la casse des métiers de la Traction et que s’ouvrent de véritables négociations sur l’emploi, les conditions de travail, l’avenir du Fret et l’organisation de la production.
Encore aujourd’hui, les taux de grévistes restent élevés :79% à Limoges, 58% à Rouen, 82% à Toulouse, 64% à Montpellier (90% au fret), 52% à Dijon (50% au fret), 57% à Lyon, 44% à Tours, Clermont 54% et ça monte en Région Parisienne…..

A contrario, elle peut déjà compter sur la CFDT/FGAAC qui a été reçue en « off », sur les sujets précités ci dessus, dès le 2 avril, comme elle peut s’appuyer sur « la voix de son maître », l’UNSA, en matière d’accompagnement.
Pour autant, une autre OS (Sud Rail) appelle officiellement à la grève depuis le 6 avril, comme la CGT, mais dans les faits, elle montre un comportement inverse en appelant les cheminots à reprendre le travail dans leurs bastions (Paris St Lazare, Paris Est, Woippy…) : Comprenne qui pourra au vu des enjeux.

Pour sa part, la Fédération CGT appelle à renforcer la mobilisation pour contraindre la Direction à ouvrir de véritables négociations sur les attentes et revendications des agents ! »

SUD Rail, en réponse, adresse une lettre au Président de la S.N.C.F. :

« Monsieur le Président,

Nous venons de recevoir le courrier que M. Nogué nous a envoyé demain, 13 avril. Cette erreur sur la date n’est pas grave du tout, si nous la relevons c’est juste parce qu’elle est sans doute la preuve d’une certaine confusion, qui pourrait aussi expliquer celle que le même M. Nogué faisait la semaine dernière, en confondant dans les média « grévistes » et « preneurs d’otages ».

L’essentiel est bien entendu le fond, c’est cela qui intéresse les cheminot-e-s, et aussi les usagers du service public ferroviaire qui sont directement concerné-e-s par la lutte menée actuellement par les grévistes de la SNCF.

Nous ne nous attarderons pas sur le fait que la direction nous écrive pour dire tout le bien qu’elle pense de la loi qui a restreint le droit de grève et des fédérations syndicales qui ne soutiennent pas les cheminot-e-s en grève.

Nous notons votre proposition de réunion dans 9 jours sur des sujets repris dans les préavis de grève et les multiples interventions des fédérations SUD-Rail et CGT depuis des semaines. Mais nous déplorons que ce courrier soit seulement à usage médiatique puisque :

  • Vous exigez que nous décidions la fin de grève pour que cette réunion se tienne ; ce que nous ne ferons pas, d’une part parce que les conditions ne sont pas remplies pour cela (aucune proposition concrète de votre part), d’autre part parce que ce sont les cheminot-e-s réunies en assemblée générale qui décident de leur mouvement.
  • Vous proposez que cette réunion se tienne dans … 9 jours ! Est-ce cela « maintenir la concertation pendant la grève », comme le prône l’accord que vous avez signé avec certaines fédérations syndicales qui est repris dans le RH 826 ? La fédération SUD-Rail redit qu’il est nécessaire de négocier dès maintenant !
  • Les sujets évoqués dans votre courrier ne sont pas suivis de propositions concrètes, qui pourraient être la base de vraies négociations.

La fédération SUD-Rail confirme son accord pour une réunion entre la direction et les fédérations syndicales qui soutiennent les grévistes, afin de négocier sur les points des préavis de grève, des revendications des grévistes. C’est la solution la plus efficace, … s’il s’agit de trouver une issue au conflit social en cours, et pas seulement de jouer des coups médiatiques ! »

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- MARDI 13 AVRIL 2010 -
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Analyse de Daniel FORTIN sur «LesEchos.fr»

« Grève creuse

La grève entre dans son septième jour à la SNCF et, tout au long du week-end, les principaux dirigeants syndicaux de la compagnie, ceux de SUD-rail et ceux de la CGT, se sont relayés au micro des radios nationales pour délivrer le même message : si les usagers souffrent de l’énième mouvement déclenché la semaine dernière par leurs soins, c’est parce que la direction de la SNCF surestime les prévisions de trafic.

Ce faisant, elle commettrait la faute d’attirer dans les gares les plus combatives des clients immanquablement déçus et en colère s’ils ne trouvent pas le train promis. Cette démonstration, à laquelle, il faut le reconnaître, personne n’avait songé, vient éclairer d’un jour nouveau la conflictualité du travail dans ce pays. Si l’on suit bien le raisonnement de Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-cheminots, ça n’est donc pas la grève elle-même qui suscite un problème pour les clients, mais plutôt la façon dont l’entreprise qui en est victime y répond.

Réjouissante percée conceptuelle, qui a au moins le mérite de donner matière à débat au sujet d’un mouvement qui, jusqu’ici, n’intéressait pas grand monde tant ses revendications profondes avaient échappé au commun des mortels. La faible mobilisation depuis le début du conflit montre d’ailleurs que les cheminots eux-mêmes commencent à y perdre leur latin.

Sans doute s’interrogent-ils eux aussi sur les vraies motivations de Didier Le Reste, qui, pour ses derniers mois à la tête des cheminots de la CGT, rêvait d’un baroud d’honneur avant d’embrasser une carrière politique. Quant à son souci d’éviter une hémorragie des durs de son organisation vers le frère ennemi de SUD-rail, réputé plus combatif, il n’est pas sûr que le conflit actuel l’ait dissipé. Car ce que soulignent aussi les prévisions de trafic optimistes de la SNCF, c’est la capacité d’entraînement singulièrement émoussée de la CGT. »

Partie 4

Hormis les communications journalières de la C.G.T. et de SUD Rail, F.O. adresse une lettre ouverte à Didier LE RESTE :

« Cher camarade,

Des responsables cgt-FORCE OUVRIERE Cheminots, reçoivent en ce moment des courriers de secrétaires de secteur CGT.Imaginant que cette démarche est concertée avec tes structures nationales, je souhaite te répondre au nom de mon organisation.Si notre fédération « n’est pas engagée dans ce conflit » – pour lequel les revendications ne sont pas posées clairement – il est nécessaire, semble-t-il, de rappeler quelques faits.

1°) Depuis mars 2009, ton organisation refuse de nous convier à toutes les interfédérales.

2°) La loi sur la représentativité issue de la « position commune » CGT, CFDT, MEDEF nous interdit de poser un préavis de grève national.

Pour autant, les cheminots savent que nous n’avons jamais hésité – et n’hésiterons pas – à Force Ouvrière, à appeler les salariés à user de leur « arme ultime », la Grève, lorsque les conditions d’efficacité sont réunies pour créer un véritable rapport de force face au gouvernement et à la Direction : c’est à dire un appel unitaire sur des revendications précises et des modalités d’action déterminées.

3°) C’est pourquoi, à l’issue de notre congrès, par mon courrier du 19 novembre 2009 adressé aux fédérations réputées représentatives :
- Considérant que :
« La restructuration en cours de la SNCF – autour des marchés en voie de libéralisation – préfigure, nous le savons tous, un possible éclatement de la Société Nationale de service public.

Outre les conséquences pour les usagers (prix, sécurité, dessertes, régularité …), c’est le coût du travail qui est visé et donc les acquis sociaux du Statut.
« Nous savons aussi que seule une mobilisation massive et déterminée sera en mesure de stopper cette spirale »
- Je proposais au nom de ma fédération :
« … la co-organisation avec l’ensemble des fédérations syndicales de cheminots, d’une mobilisation contre la privatisation de la SNCF, pour le retour au monopole public du transport ferroviaire.
« Le succès que nous recherchons tous, passe en effet selon nous, par la mise en place d’un front commun sans exclusive, sur la seule base d’un accord sur les revendications.
« C’est « l’union qui fait la force ».
« C’est pourquoi nous pensons que les réunions interfédérales doivent rassembler toutes les fédérations, qu’elles soient ou non – à un moment donné – réputées représentatives au sens de la loi…. »

Je regrette que ta fédération n’ait pas accueilli favorablement cette proposition de bon sens, allant dans l’intérêt des cheminots. Cette proposition tient toujours.

4°) Dans les courriers émanant de la CGT, que nous avons reçus, il est fait état – à juste titre – de « la bataille que nous allons devoir mener contre la réforme des retraites ».
C’est le sens de la proposition de notre Confédération FO, d’un appel commun à la grève contre l’allongement de l’âge légal, l’augmentation du nombre d’annuités nécessaires pour le taux plein et pour le maintien du calcul sur les six derniers mois.La participation massive et déterminée des cheminots serait un important point d’appui pour toute la classe ouvrière de ce pays.

C’est pourquoi, il paraîtrait très dommageable que la grève en cours, appelée dans la division par ta fédération et Sud – sans aucune revendication sur les retraites – conduise nos collègues à douter de l’efficacité de la grève.
Pour toutes ces raisons, notre fédération ne saurait cautionner la division des rangs ouvriers, dans une période cruciale pour son unité et pour la crédibilité du mouvement syndical.

Nous appelons avec force, au contraire – et nous prenons « clairement position devant les cheminots » – à l’unité de toutes les organisations syndicales (reconnues ou pas par la loi Sarkozy du 20 août 2008) pour une grève franche, interprofessionnelle, pour bloquer le pays, sur la base des revendications rappelées plus haut.

 

Salutations syndicalistes
Eric Falempin, Secrétaire Général »

Bernard THIBAULT sur LCI déclare « Ce qui n’est pas normal, c’est qu’au bout de sept jours de grève on ne puisse pas discuter avec une entreprise publique », estimant « indispensable de ne pas mettre de préalable aux discussions ».

« Il faut se mettre autour de la table, que l’ensemble des acteurs soient invités le plus rapidement possible à des discussions », a-t-il ajouté.

Bernard THIBAULT a dit ne pas comprendre « l’attitude des pouvoirs publics qui laissent s’enferrer ce conflit ».

« On est en train de jouer la montre un peu comme le gouvernement peut le faire sur le dossier des retraites: on cherche à se dévoiler le plus tard possible », a-t-il estimé.

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- MERCREDI 14 AVRIL 2010 -
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Mercredi, au plan national, les taux de grévistes sont restés stables par rapport aux derniers jours avec 27,5 % des contrôleurs, 28,9 % des conducteurs et 3,9 % de l’ensemble des cheminots.

Le président de la SNCF, Guillaume PEPY, affirme que les usagers victimes de la grève seront remboursés selon des modalités restant à préciser mais aussi son refus de donner une « prime à la grève » en négociant séparément avec la C.G.T. et SUD-Rail, les deux syndicats à l’initiative du conflit qui perturbe le trafic ferroviaire.

« Si je négociais aujourd’hui de manière séparée avec les seuls grévistes, ce serait tout simplement une prime à la grève par rapport à la prime à la négociation ».

Alors que le président de la S.N.C.F. a salué l’attitude des conducteurs non-grévistes, Mr. LE RESTE, lui, a réclamé d’avoir « un peu plus de considération » pour ceux qui suivent le mouvement. Le leader syndical l’a aussi accusé d’avoir diffusé des « contre-vérités » en déclarant que l’accord signé avant la grève avec deux syndicats (C.F.D.T. et U.N.S.A.) avait débouché sur une « augmentation de 3,6 % ».

Jean-Michel GRADT écrit sur «LesEchos.fr» :

« Alors que la grève entre dans sa deuxième semaine, les chargeurs estiment que le mouvement qui pénalise leur activité va à l’encontre des intérêts de Fret SNCF.

La grève déclenchée par la CGT Cheminots et Sud Rail entre dans sa deuxième semaine et les clients industriels qui ont recourt au fer hésitent entre déprime et consternation. «Cette grève désorganise profondément les organisations logistiques des entreprises clientes de Fret SNCF.

Elle entraîne des arrêts de lignes de production, des pertes nettes de chiffres d’affaires et pénalise lourdement ce qu’elle souhaite défendre : l’avenir du fret ferroviaire et l’entreprise Fret SNCF» note l’Association des utilisateurs de transport de fret (AUTF) dans un communiqué publié mercredi.

Cette troisième grève depuis le début de l’année crée une situation particulièrement tendue pour les industriels dits «captifs» du mode ferroviaire, comme les chimistes et les sidérurgistes; d’autant plus s’ils sont implantés dans les zones les plus touchées par le mouvement, comme Provence Alpes Côte d’Azur et le Languedoc-Roussillon. «La situation est proche du désastre.

Nous perdons 2.000 à 3.000 tonnes d’expédition chaque jour,» constate ainsi un sidérurgiste implanté près de Fos-sur-Mer. Mais l’inquiétude dépasse les frontières de l’Hexagone. En témoigne cet industriel néerlandais qui ne peut plus faire circuler via la France ses trains complets entre les ports de Rotterdam et d’Amsterdam vers l’Espagne et l’Italie.

Et plus la grève dure, plus les chargeurs pénalisés. En effet, contrairement au transport ferroviaire de voyageurs, secteur dans lequel la reprise peut s’effectuer du jour au lendemain, le retour à des circulations normales prend bien plus de temps dans le fret. «Aujourd’hui, nous avons déjà perdu 15 jours. Et, même si le mouvement s’arrêtait ce mercredi, il n’y aurait pas de retour à la normale avant la semaine prochaine», pointe Philippe Bonnevie, le délégué général de l’AUTF.

Pour les chargeurs enfin, cette grève a tout du paradoxe : elle ne peut qu’affaiblir un peu plus Fret SNCF, dont les résultats sont déjà très mauvais, alors même que la CGT Cheminots a fait de la situation du Fret l’un des thèmes de son appel à la grève.

Vu du côté des clients de Fret SNCF, la seule conséquence tangible de ce mouvement sera «d’altérer encore un peu plus la confiance des chargeurs dans le transport ferroviaire de marchandises et de précipiter ainsi la chute des trafics vers les 20 milliards de tonnes-kilomètres (t-km) en 2010, très loin du niveau de 55 milliards de t-km qui était le sien en l’an 2000,» ajoute M.Bonnevie qui en appelle à une intervention de l’Etat-actionnaire. »

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- JEUDI 15 AVRIL 2010 -
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Aujourd’hui, le taux de grévistes atteint 4,51 % à l’échelle de l’entreprise.

La direction de la S.N.C.F. avait annoncé qu’elle proposerait aux grévistes un calendrier de discussions qui prendrait place dans les régions « dès la reprise du trafic et avec toutes les organisations syndicales ».

La poursuite de la grève sera soumise jeudi au vote des cheminots réunis en assemblées générales.

Si ces assemblées générales estiment que les ouvertures et propositions d’ouverture de négociation sont suffisantes, la suspension du mouvement pourrait être votée in extremis pour tenter de préserver les grands déplacements du week-end.

La C.G.T. a pris acte des discussions en cours dans plusieurs des vingt-trois régions de la S.N.C.F. mais elle souligne que la fin de la grève dépendait des assemblées générales de jeudi.

La grève a contraint la S.N.C.F. à suspendre mercredi toutes ses ventes de billets TGV entre Paris et le Sud-Est (allers et retours) jusqu’à dimanche pour éviter d’aggraver la situation sur les quais le week-end prochain, chassé-croisé des vacances scolaires de printemps.

« Notre priorité est de garantir aux trois cent mille personnes qui ont déjà des billets d’effectuer le voyage prévu », explique la S.N.C.F. dans un communiqué.

Sur le plan social la C.G.T., premier syndicat de l’entreprise et à l’origine du mouvement de grève, a annoncé avoir obtenu « une série d’engagements non négligeables » en région PACA, « répondant à ses revendications ». Les cheminots « ont imposé un recul à la direction, la contraignant à s’engager sur l’ouverture de négociations », a indiqué la C.G.T. à Marseille, région où le conflit s’est cristallisé.

Dans la région S.N.C.F. de Toulouse, un responsable C.G.T. a indiqué qu’il sentait un « changement de cap ». « La direction [de Toulouse] nous a reçus ce soir [mercredi] à 18 heures dans le cadre d’un échange, mais pas d’une négociation.

Pour eux il n’y aura pas de négociation tant qu’il y a conflit. Et ils nous disent qu’ils sont prêts à discuter. On sent un changement de cap », a déclaré Michel Ricci, responsable C.G.T. des relations avec la presse.

SUD Rail a toutefois pris ses distances avec le syndicat majoritaire. « La direction de fait pas de propositions concrètes mais propose seulement, a priori, et à une seule organisation syndicale, des discussions et non une véritable négociation », déplore-t-il dans un communiqué.

« L’action continue dans l’unité syndicale dans de nombreuses régions et doit s’amplifier dans les prochains jours », ajoute-t-il.

En Languedoc-Roussillon, des cheminots ont occupé dans la matinée des postes d’aiguillage à Montpellier, Sète, Béziers et Narbonne. Une occupation sans grande conséquence sur le trafic, puisque selon la S.N.C.F., seul un TGV a enregistré un retard d’une vingtaine de minutes. Des AG devaient avoir lieu dans la soirée.

En Rhône Alpes, la grève se poursuit à Lyon de même qu’à Chambéry, Dijon et Clermont-Ferrand, a-t-on appris auprès de responsables C.G.T..

A Chambéry, une manifestation est prévue vendredi, tandis qu’à Clermont (Auvergne), près de 200 cheminots s’étaient rassemblés jeudi autour la direction régionale, où une délégation intersyndicale a été reçue.

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- VENDREDI 16 AVRIL 2010 -
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Au 11ème jour du mouvement, début du grand chassé-croisé des vacances de Pâques, la S.N.C.F. a enregistré une mobilisation en hausse avec 32,57 % de grévistes chez les contrôleurs, 32,41% chez les conducteurs et plus de 5 % pour l’ensemble des cheminots.

A noter que les conducteurs S.N.C.F. de Marseille ont suspendu leur grève mais pas les contrôleurs.

« On a voté la reprise du travail car on estime que la mobilisation au niveau national n’est pas suffisante », a déclaré Rémy Hours, responsable C.G.T. chez les conducteurs.

« On part sur une négociation en espérant qu’elle puisse aboutir, sachant que par le passé ça été difficile de négocier hors conflit », a souligné M. Hours, précisant qu’un rendez-vous était prévu lundi avec la direction régionale de la S.N.C.F..

A Nice, les contrôleurs ont eux-aussi décidé de reprendre le travail, tout comme les conducteurs de Veynes (Hautes-Alpes), a déclaré à l’AFP Serge CAYOL, secrétaire général de la C.G.T. Cheminots en PACA.

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- LUNDI 19 AVRIL 2010 -
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Le taux de grévistes s’établit selon la direction de la S.N.C.F. à 28,49 % des contrôleurs et 32,67 % des agents de conduite, des chiffres à peu près similaires à ceux de la semaine dernière.

Le secrétaire général de la C.G.T.-Cheminots, Didier LE RESTE, a déclaré, lundi 19 avril sur RMC, que son organisation s’orientait « vers la suspension de la grève ».

« Je pense qu’aujourd’hui, les cheminots vont décider dans un certain nombre d’endroits de suspendre leur action.

Nous sommes sur cette trajectoire à condition que l’entreprise joue le jeu », a-t-il ajouté.

Cette annonce de la C.G.T. prend le contre-pied de l’autre syndicat gréviste, SUD Rail, qui avait indiqué, dimanche, que « l’amplification de la mobilisation est (…) à l’ordre du jour ».

Aussi, ce même jour, Pierre BLAYAU, Directeur Général Délégué Chargé de S.N.C.F. GEODIS, est interviewé dans « LesEchos.fr » :

« Quelle est votre réaction au mouvement de grève entamé il y a près de deux semaines, dont l’un des mots d’ordre est la réforme du fret ?

Le transport ferroviaire de marchandises est au coeur des débats et des discours depuis le début. Mais je suis frappé de voir à quel point on passe sous silence les conséquences dramatiques, voire catastrophiques, de cette grève sur le service rendu aux clients.

Nos plans de transport sont très durement impactés, puisque nous travaillons sur des axes nord-sud. Or c’est dans le Sud que la grève entraîne le plus de perturbations.
Depuis près de deux semaines, seul 50 % du trafic normal de fret est donc assuré. Pour le transport combiné, ça chute même à 25 % !
Nous essayons de parer au plus pressé, en concentrant prioritairement nos efforts sur les industriels les plus touchés, comme les chimistes, les céréaliers, Danone, etc.

Quelles sont les conséquences concrètes pour Fret SNCF ?

Je lance un cri d’alarme. Ce mouvement fait perdre des parts de marché au fer face à la route.

En deux semaines, cette grève va entraîner 50.000 trajets camions en plus. C’est autant que nos projets de réorganisation du wagon isolé en six mois, dont les syndicats disent pourtant pis que pendre !

L’image et les finances de la SNCF vont en sortir écornées. Un tel mouvement provoque environ 15 millions de pertes chaque semaine.

On peut donc estimer que cette grève aura des conséquences dramatiques, et entraînera au moins 30 millions de pertes pour Fret SNCF.

Etes vous prêts à remettre sur la table votre réforme du transport ferroviaire de marchandises ?

Cette grève intervient après tout un processus de négociations, qui s’est achevé il y a six mois.

Notre plan – transformation du wagon isolé et développement de nouveaux services -a été acté, revenir dessus serait suicidaire.

Je trouve par ailleurs stupéfiant qu’on soit en grève pour réclamer des tables rondes sur le fret : j’en tiens déjà, et je vais encore en tenir.

J’étais à Somain au début du mois, je serais à Miramas dans quelques semaines, puis à Lyon, Nancy… Les tables rondes existent déjà, il n’est pas besoin de faire grève pour les obtenir. »

Partie 5

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- MARDI 20 AVRIL 2010 -
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22,76% des contrôleurs et 26,75% des conducteurs sont encore en grève selon la direction.

Le secrétaire général de la CGT Cheminots, Didier LE RESTE, a indiqué dans la matinée «ne pas avoir (reçu) de convocation pour l’instant, ni de précisions sur l’ordre du jour» de la table ronde prévue pour le lendemain.

Quant à SUD Rail, il a confirmé « sa disponibilité » à y participer, mais a déclaré que «ce serait bien que la direction confirme la tenue de cette réunion, l’heure et l’ordre du jour ».

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- MERCREDI 21 AVRIL 2010 -
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Au 16ème jour de grève, la S.N.C.F. a compté 3,26 % de grévistes au total, dont 22,76 % pour les conducteurs et 26,75 % pour les contrôleurs, des chiffres en nette baisse par rapport aux jours précédents. La réunion avec la Direction a lieu.

« Aujourd’hui, nous sortons de la grève », s’est félicité le directeur des ressources humaines de l’entreprise publique, François NOGUE, qui a reçu séparément les quatre principales organisations syndicales de l’entreprise (C.G.T., U.N.S.A., C.F.D.T., SUD Rail), au lieu de la table ronde initialement prévue.

La première rencontre syndicats-direction a débouché sur l’annonce d’une table ronde à la mi-mai.

La C.G.T. (majoritaire) a estimé, ce jour, que des avancées avaient été obtenues sur l’emploi, laissant cependant aux cheminots le soin de décider de la suite du mouvement dans les assemblées générales de chaque piquet de grève.

« Le budget recrutement 2010 sera dépassé au-delà des 2 300 recrutements prévus », a annoncé, sans donner de chiffres, Laurent Russeil, secrétaire général adjoint de la C.G.T.. Une information confirmée par un porte-parole de la S.N.C.F..

SUD Rail communique :

« La direction a donc convoqué des « bilatérales ». Les réunions séparées avec chaque fédération permettent à la direction de rechercher tout ce qui peut nous diviser.

SUD-Rail a proposé que les deux fédérations qui ont appelé à la grève depuis le 6 avril au soir – CGT et SUD-Rail – aillent ensemble voir la direction ; nous avons eu une réponse négative de la CGT. (…/…)

Les premières réunions régionales aboutissent, sans surprise, à des résultats sans rapport avec la mobilisation des cheminot-e-s depuis le 6 avril, sans rapport avec le désarroi de tous face aux conditions de travail subies depuis trop longtemps. (…/…)Après ces premières réunions avec la direction, SUD-Rail ne tombera pas dans la langue de bois :

  • ni « ça n’a servi à rien », car la détermination des grévistes marquera le rapport de forces ultérieur dans l’entreprise.
  • ni « des inflexions significatives », car chacun-e sait que ça ne peut être le cas, dans les circonstances actuelles. (…/…) »

La C.G.T. indique par l’intermédiaire d’un tract intitulé « La grève va payer ! » :

« (…/…) LA DIRECTION SNCF CONTRAINTE A DES ANNONCES.

 

La Direction, très mal à l’aise face aux arguments développés par la CGT sur l’ensemble des sujets et consciente du poids du mécontentement exprimé par les cheminots a été contrainte de faire des annonces :

  • Les négociations régionales sont étendues à l’ensemble des régions et viendront ainsi alimenter les Tables Rondes nationales.> Sur l’emploi le budget 2010, initialement fixé entre 1000 et 1800 recrutements, dépassera les 2300 selon la Direction et devrait atteindre les 3000 en fonction des remontées issues des négociations régionales.
  • Le nombre de recrutements au statut issus de l’alternance sera augmenté cette année.
  • Tous les départs en retraite au-delà des 4300 prévus seront intégralement remplacés.
  • Concernant les 5 projets d’établissements mono-activité restants, la Direction acte que les premières discussions en région font ressortir que deux projets (Poitou-Charentes et Loire) seront revus et que l’organisation de la production en zone diffuse est ouverte à la négociation.
  • Au sujet des U.O. par activité et de la dédicace des roulements chez les roulants, la Direction annonce de nouvelles propositions dans la/les prochaine(s) Table(s) Ronde(s) devant se tenir.
  • Tout en maintenant ses orientations sur le Fret, elle est obligée de concéder des discussions dans les régions. Ce point doit également figurer à l’ordre du jour des prochaines Tables Rondes nationales.
  • Sur l’engagement d’un retour d’expérience des restructurations engagées en 2008 et 2009, la Direction présentera un cahier des charges et une méthodologie à la Commission économique du CCE fin Avril.
  • Pour ce qui concerne la ré-internalisation des charges dans l’EPIC, la Direction annonce un point d’étape avant l’été à partir de l’analyse en cours dans trois régions pilotes (Metz/Nancy, Lille, Marseille).
  • Sur la question des salaires, la Direction reste dans la provocation en maintenant la perte du pouvoir d’achat entériné par la CFDT et l’UNSA.

Sur l’ensemble de ces sujets, les annonces faites par la Direction doivent se concrétiser dans les négociations qui s’engagent dans l’ensemble des régions et au plan national dans les jours qui viennent. A ce titre, la Direction prévoit au moins une Table ronde nationale d’ici à la mi-mai.

L’UNSA ET LA CFDT, PORTE-PAROLES DE LA DIRECTION SNCF : PAS DE DOUTE !

A la sortie des bilatérales de ce jour, ces deux organisations non-grévistes ont dénigré devant la presse le mouvement social engagé depuis le 06 Avril 2010.

L’UNSA condamnant l’exigence d’emplois supplémentaires et la CFDT fustigeant une grève trop longue qui vient de faire perdre des clients et des emplois à la SNCF (sic). Personne ne s’étonnera que la Direction soit restée silencieuse à la suite de ces deux déclarations.(…/…) »

Un communiqué F.O. intitulé « FIN DE LA GRÈVE Les grandes annonces… à retardement ! » sort :

« Près de deux semaines après le début de la grève, les dernières assemblées générales ont voté la reprise du travail.

Tant au niveau national que régional, les organisations syndicales dites représentatives ont été ou seront reçues par leur direction.

Après les circonlocutions sémantiques de ces jours derniers de la part de certaines sommités de la CGT pour influencer les cheminots dans l’action à reprendre le travail, voilà qu’est venu le temps de l’autosatisfaction !

Aujourd’hui, l’entreprise accorderait 460 emplois supplémentaires (par rapport au prévisionnel) en primeur à la CGT… ceux-là même qu’elle avait concédés à la CFDT avant le début du conflit et qui lui avait permis de quitter le navire !

Par respect des cheminots qui ont été dans l’action durant plusieurs jours, mais uniquement pour eux, nous ne nous gausserons pas de cette annonce qui peut ravir uniquement ceux qui se l’accapareront au titre du conflit encore tiède !

Aujourd’hui, la Direction de la SNCF, comme elle l’a réaffirmé à la presse, n’a en rien répondu à des revendications précises et surtout pas abdiqué sur ses restructurations, elle n’a fait qu’établir un calendrier social avec en perspective une table ronde le 15 mai prochain.

Pour la Fédération Force Ouvrière des Cheminots, les prochaines semaines seront cruciales pour les cheminots tant les sujets de discorde avec l’entreprise et le gouvernement sont présents, entre autres : retraites et l’ouverture à la concurrence du TER avec l’imminence de la parution du rapport Grignon !

La Fédération Force Ouvrière des Cheminots restera déterminée et concentrée face aux enjeux à venir.

Gageons que les cheminots, malgré la période qu’ils viennent de traverser, le seront aussi ! »

 

Renaud HONORÉ écrit dans « LesEchos.fr » un article intitulé « SNCF : le dernier combat de Didier LE RESTE » :

«La CGT-cheminots apparaît paradoxalement comme la grande perdante de la grève à la SNCF. Aveuglé par son antagonisme avec SUD et par son contentieux avec Guillaume Pepy, son secrétaire général, Didier Le Reste, s’est lancé dans une bataille quasi perdue d’avance.

Il voulait un dernier grand mouvement. Une grève d’envergure, son «décembre 1995» à lui, à quelques mois de son départ programmé du poste de secrétaire général de la CGT-cheminots fin 2010.

Cela se murmurait depuis des mois. D’une certaine manière, Didier Le Reste est parvenu à remplir son objectif. Voilà deux semaines que les cheminots mènent la lutte, mettant la pagaille sur le réseau ferré. En termes de durée, c’est un record pour la dernière décennie!

Certes, la grève de l’hiver 1995, menée par son grand rival Bernard Thibault – «il le jalouse depuis longtemps», persifle un opposant -, avait duré, elle, trois semaines. Mais ça reste bien suffisant pour asseoir une réputation d’opposant inflexible, alors que le dirigeant de la CGT-cheminots compte se lancer en politique une fois retiré du syndicalisme.

Las ! A l’heure du bilan et alors que direction et syndicats se sont enfin retrouvés hier, c’est un Didier Le Reste affaibli qui émerge.

«Cette grève a échoué, elle a été droit dans le mur comme c’était prévisible», juge Jean-Daniel Bigarne, le secrétaire général de l’Unsa, qui n’a pas pris part au conflit. «Guillaume Pepy en ressort considérablement renforcé, cela a donné de la force à une direction qui n’en avait pas», renchérit un autre syndicaliste, peu suspect de faire partie du fan club du président de la SNCF. N’en jetez plus ! Si la grève a duré longtemps, elle a peu mobilisé.

Guère plus de 5.000 cheminots en moyenne chaque jour, sur les quelque 155.000 que compte l’entreprise. D’habitude premiers à débrayer, les conducteurs et contrôleurs de trains ont fait profil bas, avec un taux de participation qui a tourné autour de 30%. Une misère.

Montrer les muscles

On est loin des ambitions initiales. Loin du rêve d’un grand mouvement réunissant trois syndicats (CGT, Unsa, et CFDT-FGAAC) pour faire plier la direction. C’est ce qu’avait imaginé Didier Le Reste il y a maintenant un mois.

Quelques jours après la grève interprofessionnelle du 23 mars, une invitation est lancée aux représentants des deux autres organisations pour des réunions interfédérales. Des séances auxquelles n’est pas convié SUD-rail. Ces dernières années, celui-ci est devenu la bête noire du premier syndicat de la SNCF. «A la CGT, ils ont peur de se faire doubler sur leur gauche», résume Jean-Daniel Bigarne à l’Unsa.

Depuis quelques semaines, les signaux d’alerte se sont multipliés. On dit que de nombreux militants ont rendu leurs cartes pour aller chez SUD. «Certains bastions (à Toulouse, Marseille, Montpellier ou Clermont-Ferrand) ont aussi fait part de leur mécontentement devant la répétition de grèves de 24 heures lancées par la CGT ces derniers mois, et ce sans résultat. Ces militants voulaient un grand conflit reconductible, quitte à suivre le prochain lancé par SUD», explique un bon connaisseur du monde cégétiste.

La menace est prise au sérieux. Dès lors germe l’idée à la CGT d’un mouvement au long cours pour montrer ses muscles à sa population la plus radicale.
Mais il ne faut surtout pas que SUD se greffe dessus et en profite !

En cette fin mars, on décide de tout faire pour isoler l’importun. D’ordinaire, les réunions interfédérales se font au CCE de la SNCF, près de la Gare de l’Est à Paris. Trop risqué : le syndicat trublion pourrait s’inviter à l’improviste. Pour éviter ce piège, la CGT décide de faire la première réunion à son siège, à Montreuil. «Quasiment une première», raconte un participant.

Pour la seconde séance, quatre jours plus tard, retour au siège du CCE. Mais les membres de l’Unsa et de la CFDT-FGAAC ne reçoivent le numéro exact de la salle que quelques minutes avant le début de la réunion. Façon d’éviter les fuites. «C’était une atmosphère de conspiration anti-SUD», poursuit le même syndicaliste.

Le plan élaboré par Didier Le Reste est assez simple. Sept préavis de grèves catégorielles – et reconductibles -seront déposés à partir du mercredi 7 avril. Le jeudi 8, un autre préavis concernera tous les cheminots, mais pour une grève «carrée» de 24 heures. «Ce qu’imaginait la CGT, c’est que le vendredi 9 au matin, après le point d’orgue de la veille, la direction allait être obligée de céder pour un retour à la normale avant le week-end des vacanciers», décrypte un syndicaliste.

Revendications floues

Les autres fédérations sont loin d’être convaincues.
D’emblée, l’Unsa prévient qu’elle ne se joindra pas au mouvement. «Il fallait garder nos forces en vue de la réforme des retraites», souligne Jean-Daniel Bigarne.

A la CFDT-FGAAC, on hésite. Certes, il existe un réel mécontentement au sein de la population cheminote, tourneboulée par la réorganisation managériale voulue par Guillaume Pepy. Pour autant, les premiers retours de la base indiquent que l’enthousiasme pour un tel mouvement est bien faible.

D’autant qu’il apparaît rapidement que la CGT ne sait pas vraiment où elle va. «Quand on commence une grève, on sait comment on veut la finir», explique un syndicaliste. Rien de tel ici. Les mots d’ordre – de la politique de l’emploi à la question des salaires en passant par la réorganisation du fret -sont tellement larges que personne ne voit trop quelles mesures concrètes pourraient être obtenues.

Contactée par certains syndicalistes, la direction de la SNCF fait en plus passer un message clair : il n’y aura rien d’accordé pendant la grève, c’est une question de principe. «Il nous est rapidement apparu que la CGT avait très mal pensé et organisé ce mouvement», résume Bruno Duchemin à la CFDT-FGAAC.

Revendications floues, perspectives de victoire faibles : la CFDT-FGAAC comprend qu’il ne faut pas s’embarquer dans cette galère. Début avril, elle décide de s’asseoir à la table des négociations et obtient satisfaction (avec l’Unsa) sur plusieurs points, notamment salariaux. Son appel à la grève n’a plus lieu d’être. Le piège peut alors se refermer sur la CGT.

Abandonnée par ses deux comparses, elle voit débouler le banni du début : SUD dépose de son côté son propre préavis, pour la même date. En football, on appelle cela du marquage à la culotte. Voilà la CGT embarquée dans une grève incertaine avec son pire ennemi…

Cela ne va pas faire reculer Didier Le Reste, décidé à continuer. «Son contentieux personnel avec Guillaume Pepy l’a aveuglé», jugent plusieurs connaisseurs du microcosme ferroviaire. Les deux hommes – «deux caractériels soupe au lait», selon quelqu’un qui les connaît bien -ne s’apprécient guère. Un «intrigant», «pas fiable», avec une stratégie «qui change tous les jours» : en privé, Didier Le Reste n’est pas tendre avec le président de la SNCF. Juste retour des choses. Depuis le début de son mandat, Guillaume Pepy tente de faire émerger un pôle syndical réformiste, pour diminuer le poids de la CGT. Sans succès pour le moment. Mais cette volonté agace Didier Le Reste, qui entend peser sur la stratégie de l’entreprise.

La grève – qui débute finalement le 7 avril -ne va faire qu’attiser le conflit entre les deux hommes. «Je l’ai appelé plusieurs fois depuis le lancement du mouvement, mais il ne m’a jamais pris en ligne», s’étonne Didier Le Reste. Au deuxième jour de grève, celui-ci s’invite avec une cinquantaine de grévistes au siège de la compagnie ferroviaire, pour forcer la direction à le recevoir.

Guillaume Pepy ne se donne pas la peine de le faire, et c’est le DRH, François Nogué, qui s’en charge. «En 1995, Bernard Thibault était reçu par les ministres. C’est forcément perçu comme une humiliation», relève un bon connaisseur du monde ferroviaire.

Les premiers jours du conflit ne sont pas de nature à rasséréner le leader cégétiste. Les chiffres de mobilisation sont mauvais. Seuls les bastions traditionnels (Rouen, Marseille, Montpellier, Clermont-Ferrand…) ont répondu présent. On a bien recours à quelques ficelles comme les grèves de 59 minutes – dont seul SUD use d’habitude -, mais la dynamique ne prend pas. La grande grève nationale s’est transformée en de multiples conflits locaux, certes très virulents, mais circonscrits.

Comment sortir de ce bourbier ? Après quelques jours, tout le monde a compris que la CGT attend un geste de la direction. Un soupirail pour lui permettre de sortir un tant soit peu honorablement de cette grève. Elle attendra longtemps. Guillaume Pepy fait passer un message : «Pas question de se retrouver avec Didier Le Reste dans le salon feutré d’un hôtel Mercure parisien.»

Le patron sait qu’il joue son mandat. La crise a précipité un peu plus le fret ferroviaire dans le gouffre, et a contrarié fortement ses objectifs de développement. Il lui faut ce succès symbolique, pour crédibiliser sa stratégie : en finir avec la «gréviculture», un terme inventé par son mentor Louis Gallois. Raison pour laquelle il ne peut y avoir de négociations pendant la grève.

Pendant une semaine, ce discours va être répété. Il recevra même le soutien de Dominique Bussereau au gouvernement, pourtant jamais avare d’une pique pour Guillaume Pepy. Puis, parce qu’il faut bien trouver une solution à ce conflit inextricable, ce dernier consent mercredi dernier une ouverture : d’accord à des «discussions» – et sûrement pas des négociations ! -mais pour s’entendre sur un calendrier de rencontres, et uniquement au niveau local. Ordre est donné aux directeurs régionaux.

Un tournant

Dans la soirée, une dépêche AFP venue de Marseille relaie un communiqué de la CGT claironnant que «la mobilisation contraint la direction régionale à faire des propositions». Didier Le Reste reçoit aussitôt un coup de fil courroucé de François Nogué : «Vous arrêtez ça tout de suite !» Pour le leader cégétiste, c’est «incompréhensible». C’est pourtant très clair : la direction veut une victoire complète, et ne laissera pas la centrale s’en sortir «avec les faux-semblants habituels», selon l’expression d’un syndicaliste.

Dès lors, la CGT s’en remet aux votes des assemblées générales locales. Jeudi dernier, certains de ses responsables imaginent que la sortie de crise sera rapide. Raté. Dans les bastions de la grève – où émergent de réelles revendications locales -, les esprits sont chauffés à blanc par SUD, qui cherche à savonner la planche de la CGT. Didier Le Reste a perdu la main sur ce mouvement, qui s’éteint à petit feu. «Cela peut devenir un tournant dans les relations sociales de l’entreprise.

Pour la première fois depuis longtemps, le rapport de forces a tourné en faveur de la direction. L’idée que la négociation paye plus que la grève acquiert enfin de la crédibilité», analyse un bon connaisseur de la SNCF. L’hypothèse est toutefois encore fragile. La réforme des retraites sera à cet égard un bon révélateur. »

 

Qui prendra le relais de Didier LE RESTE en novembre prochain ? Après dix années comme secrétaire général de la C.G.T. Cheminots, l’ancien contrôleur va en effet passer la main à cinquante-cinq ans, sans doute pour embrasser une carrière politique.

Un favori avait émergé en début d’année : Gilbert GARREL. Ce marseillais d’origine, cheveux mi-longs bouclés et petite barbiche, est le secrétaire général de l’UFCM-CGT, c’est-à-dire les cadres et maîtrise.

Partie 6

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- VENDREDI 23 AVRIL 2010 -
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La grève prenant fin au bout du 18ème jour de grève dans les bastions « les plus résistants », une lettre de la C.G.T. demandant l’étalement des jours de grève est adressée au D.R.H. de la S.N.C.F. :

« Monsieur le Directeur,Lors de notre rencontre du 21 avril dernier, comme nous l’avons fait plusieurs fois en amont, nous sommes intervenus auprès de vous sur les conditions de reprise du travail et plus particulièrement sur un étalement des retenues des jours de grève.

A cette occasion, il nous avait semblé que les orientations prises habituellement en la matière seraient mises en œuvre pour tenir compte en particulier de la durée des cessations concertées de travail.

Aujourd’hui, vendredi 23 avril 2010, nous constatons malheureusement qu’il n’en est rien.

Ainsi, la Direction semble au contraire vouloir jouer la plus grande fermeté, et les éléments qui nous remontent du terrain attestent que la Direction entend procéder aux retenues des journées de grève en totalité sur un seul mois dans de nombreuses régions.

Cette attitude est contraire à l’esprit qui a toujours prévalu sur ce sujet et nous constatons donc, par cet état de fait, une marque de revanche témoignant ainsi de la réalité du dialogue social à la SNCF contrairement à ce qui vous affichez dans les médias.

Pour ce qui nous concerne et afin de tenir les négociations à venir dans les meilleures conditions, nous vous demandons officiellement de modifier les modalités de retenues en donnant des recommandations précises aux différents services concernés (régions, établissements et services RH (CMGA).

Pour conclure, nous attirons aussi votre attention sur les nombreuses situations individuelles de cheminots qui ne manqueront pas d’être évoquées par nos représentants et pour celles-ci, une attitude plus que bienveillante serait également souhaitable.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de nos salutations respectueuses. »

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- VENDREDI 30 AVRIL 2010 -
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Ce jour, Didier LE RESTE adressera une lettre Alexis BREZET au Directeur de la rédaction du Figaro Magazine et au Secrétaire général de la C.F.D.T. François CHEREQUE afin de régler « ses comptes ».

Dans la lettre adressée à ce dernier, Didier LE RESTE tente de sauver les apparences en se félicitant d’avoir obtenu des recrutements supplémentaires auprès de la direction écrivant que « Dans le cadre des négociations qui font suite à cette action, ce seront entre 2300 et 3000 jeunes qui vont être recrutés cette année. ».

Rappelons qu’à la sortie de la table ronde du 21 AVRIL, la C.G.T. avait fait état d’avancées sur l’emploi en annonçant que le budget recrutement 2010 serait « dépassé au-delà des 2.300 recrutements prévus ».
Une affirmation aussitôt démentie par les responsables de la C.F.D.T. et de l’U.N.S.A., estimant que la grève n’avait permis aucune des revendications d’embauches de la C.G.T., ni de SUD Rail.

François NOGUE, directeur des ressources humaines de la S.N.C.F., disant alors avoir « confirmé les 460 embauches supplémentaires » décidées avant le conflit, qui avaient d’ailleurs amené la C.F.D.T. à suspendre son préavis de grève.

EN CONCLUSION

Si la grève a duré longtemps, elle a peu mobilisé. Guère plus de 5.000 cheminots en moyenne chaque jour, sur les quelques 155.000 que compte l’entreprise. D’habitude premiers à débrayer, les conducteurs et contrôleurs de trains ont fait profil bas, avec un taux de participation qui a tourné autour de 30 %. Une misère.

La raison majeure de ce conflit est le fait que de nombreux militants ont rendu leurs cartes à la C.G.T. pour aller chez SUD Rail. « Certains bastions (à Toulouse, Marseille, Montpellier ou Clermont-Ferrand) ont aussi fait part de leur mécontentement devant la répétition de grèves de 24 heures lancées par la C.G.T. ces derniers mois, et ce sans résultat.

Ces militants voulaient un grand conflit reconductible, quitte à suivre le prochain lancé par SUD ». La menace est prise au sérieux.

Dès lors a germé l’idée à la C.G.T. d’un mouvement au long cours pour montrer ses muscles à sa population la plus radicale.

Mais au final, Didier LE RESTE ressort affaibli de cette grève.

« Cette grève a échoué, elle a été droit dans le mur comme c’était prévisible», juge Jean-Daniel BIGARNE, le secrétaire général de l’U.N.S.A., qui n’a pas pris part au conflit.

« Guillaume PEPY en ressort considérablement renforcé, cela a donné de la force à une direction qui n’en avait pas», annonce un autre syndicaliste.

« Pour la première fois depuis longtemps, le rapport de forces a tourné en faveur de la direction. L’idée que la négociation paye plus que la grève acquiert enfin de la crédibilité », analyse un bon connaisseur de la S.N.C.F..

Didier LE RESTE a effectivement perdu la main sur ce mouvement, qui s’est éteint à petit feu.

Le Directeur des Ressources Humaines, François NOGUE, ayant reçu séparément les organisations syndicales à Paris le 21 AVRIL 2010, s’est félicité de cette sortie de la grève. Il en a profité pour « confirmer les 460 embauches supplémentaires » décidées avant le conflit, permettant à la C.F.D.T. de suspendre son préavis de grève.

« Nous sommes en avril, l’entreprise travaille sur un scénario à 2.300 embauches à la fin de l’année (…) je n’exclue pas que cela puisse évoluer, car nous sommes confrontés à une tendance de reprise des départs en retraite et nous adopterons nos embauches au volume de départs constatés », a-t-il expliqué tout en précisant que la C.G.T. n’avait pas obtenu d’avancées en termes d’emplois.

La Direction s’est également engagée à organiser une table-ronde à la mi-mai.

Selon Guillaume PEPY, la grève à la S.N.C.F. aura occasionné en treize jours « près de 100 millions d’euros » de pertes, dont 30 millions d’euros pour le Fret.

Si la C.G.T. avait été plus préoccupée sur ce mouvement à gagner des parts de marchés ferroviaires que des parts de marchés syndicales vis à vis de SUD Rail, les Cheminots en seraient sans doute sortis gagnants.

En épuisant ses troupes, Didier LE RESTE prend un risque important pour contrer la réforme des retraites à venir.

Mais dans un article de presse récent, la C.G.T. de Toulouse rappelle que les conducteurs locaux avaient fait dix-sept jours de grève sans rien obtenir en 2002…ce qui ne les a pas empêchés de retourner au conflit sur les retraites dans la foulée…


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