1995 – Chronique d’une Grève annoncée à la SNCF

Partie 1

En 1995, le catalogue sans fin, des causes inépuisables, du mouvement social nourrit fort justement les colonnes de la presse écrite et ses fameux auteurs spécialisés.

Le Bulletin de Traction

1995 - Chronique d'une grève annoncée

Le propre du syndicat est d’être un contre-pouvoir permanent face à la régression, une force de proposition en termes de progressions sociale et économique.

Bonne lecture,

La -CFDT.

 

1995 – CHRONIQUE D’UNE GRÈVE ANNONCÉE

Année des anniversaires – Année d’espoir – Année de désillusion – Année d’avenir.

Alors que 1995 s’achève, cette année encore une page d’histoire vient de se tourner.

Elle se fait au quotidien mais en perpétuel télescopage avec l’actuali­té que nous retenons surtout par les images, celle-ci nous la fait souvent oublier.

50 ans : vous avez vécu une époque exaltante et êtes nés dans l’ivresse d’une fin de guerre ; vous voilà près de la … 50 ans de joie, de peine, de satisfaction…. 50 ans de progression sociale parsemés de luttes pour obtenir le fruit de vos efforts, des droits sociaux nouveaux d’une société en pleine mutation, pour préparer votre avenir et celui de vos enfants…

50 ans le passage de la vie active à la retraite bien méritée que l’on pouvait augurer tranquille.

Et voilà… « Vous êtes un Nanti ! ».

Tous les efforts pour bâtir cette société, cette entreprise à laquelle vous avez consenti jour et nuit, sont insuffisants et vous êtes redevables du fait d’avoir un emploi, d’avoir cotisé et d’avoir réalisé quelques économies. « Il faut payer ! »

L’exemple que nos anciens nous ont fourni et que vous avez perpétué, les jeunes avec la F.G.A.A.C. ont su cette année encore l’éterniser. En dépit de la futilité systématique ou d’images fortes que l’on voudrait nous servir en guise d’antidote, la F.G.A.A.C. avec le soutien des Agents de Conduite aura une fois encore agi pour le droit, pour la jus­tice, pour tous.

 

 EN JANVIER 1995

La France préside l’Europe… Les candidats se déclarent… Pour les médias, le Président de la Répu­blique est déjà élu… La campagne est lancée…

Après « Libé », un nouveau « Monde » naît. Dans l’Ardèche, une grotte livre l’art de nos ancêtres… Le plus grand pont « haubané » est inauguré… La terre tremble au Japon, la Tchétchénie en ruine tombe aux mains des Russes – Kobé et Grozny se ressemblent… Les voi­lures piégées remettent en cause la paix au Proche-Orient et font des massacres en Algérie…

La Bretagne, le Nord et de nombreuses autres régions sont sous les eaux…

L’América Cup ne sourit pas aux Français.

 A la , la reconquête des recettes est annoncée… Les tarifs augmentent. Les contrôleurs sont en grève, les trains sont bloqués par les eaux… La SNCF cède son trafic à la CFTA et aux Allemands.

La F.G.A.A.C. agit pour le changement de service contre la Spécialisation. Par l’accord sala­rial 1994 les indemnités sont aug­mentées de 2 %.

Elle rencontre le Président et rappelle les revendications à satis­faire, pour que le personnel puisse adhérer à ses objectifs.

Elle rencontre ses partenaires et lance la pétition Nationale qu’elle envoie aussitôt au Ministre des Transports.

 

EN FÉVRIER 1995

La décrue se précise… Les affaires continuent… Les mises en examen aussi…

Le calme revient en Bosnie…, l’Algérie implose… La terre tremble en Colombie.

Des primaires qui devaient avoir lieu ailleurs, donnent un nouveau candidat… Les sondages prolifèrent et les « bons mots » agrémenteront le trimestre suivant…

Les enseignants sont dans la nie, les étudiants aussi… La Sécu mobilise, tout au moins dans les intentions.

La Justice et la police règlent leurs comptes… Les « écoutes » jet­tent un son dans la campagne et les Colleurs d’affiches font leur premier mort.

A la SNCF, la Direction réalise son coup de force et instaure le chô­mage partiel dans l’entreprise. Le Président adresse un message aux cheminots… Les trains restent à quai et servent de dortoir pour les sinistrés de la route.

La F.G.A.A.C. seule réagit au diktat de la Direction sur le temps partiel.

Elle apure l’accord salarial 1994 qui voit chaque cheminot obtenir un gain de pouvoir d’achat.

Elle réclame l’ouverture de négociations salariales 1995 tant générales que catégorielles.

 

EN MARS 1995

Tous les candidats sont en lice… Les derniers ont dit non… Les son­dages montent et descendent comme le temps… Les médias « élisent » un autre président… Les petites phrases volent bas.

La neige est là… La Corse est en grève… Sarajevo s’éclate.

L’horreur est à l’école… URBA. SAGES. BOTON, OM-VA, les pro­cès continuent … Des Présidents sont mis en examen.

Une secte empoisonne le métro de Tokyo… Un cosmonaute russe redescend sur terre après un périple de 440 jours dans l’espace… Shengen abat les frontières.

A la SNCF, la Direction cogite, dialogue, concerte en bilatérale et… octroie unilatéralement 0,5 % d’aug­mentation de salaires… Y a-t-il encore un pilote à la SNCF ?

La F.G.A.A.C. se bat dans les établissements pour le droit et la justice pour les notations.

Elle se désolidarise des autres OS qui n ‘envisagent comme riposte aux attaques portées aux cheminots et à l’entreprise que des manifesta­tions régionales.

Elle appelle à une journée sans train le 30 et mobilise les ADC. Le 30 la SNCF est paralysée.

 

EN AVRIL 1995

Le feuilleton « Tapie » prend fin… Ruiné, inéligible et condamné, il parle encore.

La campagne rentre dans la der­nière ligne droite et désintéresse de plus en plus les citoyens… Les der­niers sondages fleurissent, le 23 avril les démentira une nouvelle fois… Il ne reste que deux candidats… Les Français ont voté, les commentaires vont bon train.

 Les conflits sociaux se développent dans tes secteurs public et privé… Un avion s’écrase en Rou­manie. un Ferry évite la catastrophe à Jersey, la route fait ses morts pendant les départs de Pâques, le métro devient très dangereux au Japon et aux Etats-Unis les immeubles du FBI explosent…

Ariane réussit son 72e lancement.

 A la SNCF, les trains supplémentaires sont insuffisants… Le Prési­dent fait son show aux cadres à la Mutualité et visite les régions…

Les retards sont de plus en plus importants… Les Directions GL et FRET changent de Directeurs…

La F.G.A.A.C. refuse l’UNITE proposée pour attendre le 31 mai et appelle les ADC à se mobiliser pour se faire entendre et récolter enfin ce qu’ils ont semé. Elle s’adresse de nouveau à la Direc­tion pour réclamer l’ouverture de vraies négociations salariales.

 

Partie 2

EN MAI 1995

Défilés en ordre dispersé pour le 1er Mai… La Libération fête ses 50 ans.

Le face à face des candidats déçoit les médias qui n’ont pas leur petite phrase à commenter… Le vainqueur est désigné le 7 mai et intronisé le 17 mai… Tout le monde est content…

La France a un Président, un Pre­mier ministre et prépare les munici­pales… Les affaires continuent, les feuilletons s’achèvent en prison.

Le « gourou » du métro japonais est arrêté… En Bosnie les soldats français découvrent la guerre et les observateurs servent d’otages.

Le virus EBOLA fait des ravages… Le festival de Cannes, la Coupe du monde de rugby, Roland Garros et le titre de Champion du monde pour l’équipe française de Hand occultent pendant un temps la morosité de l’actualité.

L’ex-gouvernement avant son départ transpose la 91/440 et déré­glemente la SNCF.

A la SNCF, le Président poursuit son tour de France… Sa stratégie est bonne et les cheminots n’ont rien compris… 5 OS préparent la manif du 31 mai et tirent à boulets rouges sur la F.G.A.A.C.

La F.G.A.A.C. réagit dans tous les établissements à la parution des roulements et tente seule de faire prendre en compte les reven­dications des ADC.

Elle dépose un préavis le 31 mai afin que les ADC expriment, eux aussi, leur mécontentement.

 

EN JUIN 1995

Les municipales se déroulent dans la torpeur… Les résultats sont sans surprises au grand dam des prévisionnistes, encore une fois… Seuls les abstentionnistes et la lutte contre l’extrême droite mobilisent pour le second tour.

Les élections sont finies pour un temps. Les villes ont leur maire… Le Président fait sa première déclaration : « les essais nucléaires seront repris ! ».

Le gouvernement lance son plan Emploi… Les Confédérations péro­rent et donnent un coup de main au patronat…

Avec des mises en scènes noc­turnes les casques bleus otages sont libérés, les bosniaques meurent tou­jours sous les armes, les Tchét­chènes se révoltent et la paix semble enfin possible.

Les 15 retardent la monnaie unique… Cannes prépare son som­met Européen.

La terre tremble en Grèce et dans le Nord… Shell renonce à couler sa plate-forme dans la mer… L’été tarde à venir… Atlantis et Mir se réunissent dans l’espace… L’Afrique du Sud est Championne du monde… Lille veut ses jeux Olympiques… La Poste reprend sa distribution à Marseille.

A la SNCF le Président manage ses troupes, les DRH tiennent col­loque et les trains sont calés… Eurostar doit changer son nom.

Avec l’aide des autres OS, la Direction refuse que les ADC obtiennent le paiement de la Prime Complémentaire à la journée de service et perçoivent ainsi le juste paiement de leurs efforts.

La F.G.A.A.C. écrit au Premier ministre pour lui faire comprendre le déficit de dialogue social dans l’entreprise et les interrogations du personnel sur le statut – la CP/CR,

Elle écrit aussi au Directeur délégué à la Traction sur les pro­blèmes inhérents aux revendica­tions des ADC et aux dysfonction­nements de la SNCF (trains calés) dont elle ne peut se satisfaire.

 

EN JUILLET 1995

La Grande Boucle démarre, les orages aussi… La France est en vacances.

En Bosnie, la famine est aussi meurtrière que la guerre, l’épura­tion ethnique continue… La France persiste et s’enclave avec ses casques bleus.

Les députés planchent sur la Constitution et s’offrent un jour à Versailles avec les Sénateurs avant les vacances.

Le Rainbow Warrior est arraison­né à la bombe… lacrymogène.

L’autoroute fait ses morts en autocar et le RER dans un atten­tat… La psychose s’installe… Les banlieues s’échauffent… Renault sera privatisé… La guerre scolaire est relancée et aura son référendum…

Le tour de France offre son lot quotidien de surprise et de drame à une population en vacances… Ceux qui travaillent, travail­lent davantage.

A la SNCF, le président visite la France, mais a de moins en moins de temps à consacrer aux cheminots.

Les trains sont calés, les déroga­tions et la grogne augmentent.

La F.G.A.A.C. est reçue par le Directeur délégué à la Traction à qui elle explique ses revendica­tions sur les primes, l’organisation du travail, sans être entendue.

Elle rencontre le président et agit dans tous les établissements contre la déréglementation et les nombreuses infractions que ten­tent de réaliser ADQS et consorts pour assurer le trafic. La corde est tendue au maximum dans certains E.T. alors que d’autres sont tou­jours disponibles.

EN AOÛT 1995

La canicule s’abat sur la France avec les hausses habituelles de début de mois…

En Bosnie. l’ONU retire ses casques bleus de certaines villes, ailleurs les armes continuent leur œuvre… L’OTAN se fâche…

En Tchétchénie on échange les prisonniers… Hiroshima fête son triste cinquantenaire alors qu’en France et dans le monde les essais nucléaires sont combattus jusqu’au Mont Blanc.

Une bombe explose à l’Arc de Triomphe et une autre désamorcée sur LGV… Le Président et le Gou­vernement sont en vacances… Le chômage baisse.

Le Gouvernement fait sa rentrée et démissionne son Ministre du Budget qui parle trop… La France vit au-dessus de ses moyens et cer­tains sont des privilégiés… La bour­se baisse… La France est Cham­pionne du monde de vente d’armes et Perrecq du 400 mètres.

Le Franc fête son bicentenaire… Concorde fait son deuxième tour du monde et bat le record.

A la SNCF, Eurostar a quelques problèmes… On transfère les voya­geurs sur car pour faire rouler le FRET… On essaye enfin de recruter des ADC.

FO et CFDT découvrent les ADC et leurs problèmes sur Eurostar… Les voyageurs, le contrôle renforcé.

La F.G.A.A.C. s’adresse une nouvelle fois à la Direction pour faire ouvrir des négociations.

Les militants travaillent, défen­dent partout les ADC confrontés aux commandes fantaisistes de * Chefaillons » en mal d’autorité. La rentrée se prépare avec les nouveaux services.


EN SEPTEMBRE 1995

En début de mois, Greenpeace et l’armée s’amusent à Mururoa… Les manifestations sont interdites en France mais se développent à l’étranger… Qu’importe, fa bombe explose et les manifs redoublent.

En Bosnie on discute enfin et les armes se taisent… Pas suffisant et l’OTAN récidive… En fin de mois un accord de paix se dessine et l’accord de New York ébauche les principes d’une nouvelle nation.

C’est la rentrée des enfants, du Président, du Gouvernement, des OS… Les journaux retrouvent leur épaisseur normale et les journaux télévisés ont enfin de quoi nous endormir pendant une demi-heure.

Les mesures annoncées, blocage des salaires, ponctions supplé­mentaires entraînent de belles déclarations…

Une nouvelle bombe explose sur un marché à Paris et à Mururoa… Luis et Iris font des ravages…

Un ancien Ministre devant la Jus­tice… Le Premier ministre accusé d’ingérence ne sera pas poursuivi… Le Sénat renouvelle son tiers.

A la SNCF, on inaugure la Ligne D qui n’entrera pas en service immédiatement… On restructure toujours… Des informations confi­dentielles de travaux internes sont divulguées et ajoutent la grogne au climat ambiant.  Les salaires cou­rent après les prix et la Direction, unilatéralement, ajoute 0,7 %, qui ne font pas le compte.

La F.G.A.A.C. agit dans tous les établissements pour le change­ment de service. Elle bloque la Ligne D et de nombreuses autres régions.

Elle estime les mesures de la Direction insuffisantes et attend toujours le réveil des autres OS pour agir réellement au lieu de faire des communiqués et de battre le pavé.

EN OCTOBRE 1995

L’auteur présumé des attentats est abattu… Deux nouvelles bombes explosent à Paris et une dans le Pacifique… Vigipirate est renforcé par l’armée… Le Prix Nobel de la Paix est attribué aux mouvements antinucléaires.

La Sécu fête ses 50 ans et confir­me sa mauvaise santé financière… Le président de la République se pose en garant et confirme la hausse des cotisations.

Les Français replongent dans la morosité et défilent pour le faire savoir… On leur explique qu’il fau­dra deux ans de sacrifices… La Bourse remonte.

Les Présidents des partis, tout comme celui de l’Irak, sont plébis­cités… En France et aux Etats-Unis les procès de toute nature démon­trent les vitesses de la Justice.

La France s’offre une guerre aux Comores contre un Français… La paix est repoussée en Bosnie… La réunion de Dayton doit la confir­mer… L’ONU fête ses 50 ans et sa désorganisation… Les Chefs d’Etats paradent et ratent leurs rendez-vous.

A la SNCF, le Président fête l’anniversaire de son premier show… Les spectateurs sont moins nombreux et sélectionnés… A Mari y les extincteurs explosent.

Le 10, les trains restent à quai… Le 12 les Cadres et les Maîtrises s’aperçoivent qu’après avoir « tué » les moutons, ils sont aussi en danger.

Le 16, la Direction ouvre des négociations salariales mais n’ajoute rien.

Le 25, la SNCF vit sa 3ème grève… Le 26 le Président présente son Contrat de Plan et crée ses groupes de travail.

La F.G.A.A.C. est reçue par le Président, par le Ministère des Transports, par la Direction dans le cadre de son préavis… Person­ne ne veut entendre… Paroles… Paroles.

Partie 3

EN NOVEMBRE 1995

Le froid s’abat sur la France… Les banlieues s’échauffent.

Le Premier ministre israélien est assassiné… La Paix au Proche Orient est remise en question.

A Dayton on trouve enfin l’accord pour l’ex-Yougoslavie… Les Serbes et Croates signent des Accords…. L’Algérie vote… La Pologne tourne la page Walesa.

Le Gouvernement démissionne, se remanie, se rétrécit et continue… Les Etudiants sont dans la me… Le Président fait la « Bombe » pour la 4ème fois…

Avec le Beaujolais Nouveau, la Sécu arrive au centre des débats et des déclarations… Le Premier ministre annonce son plan, passe en force et tout le monde paye… Mais c’est selon, et toujours les mêmes qui ne payeront pas.

Les Américains se retrouvent dans l’espace et Lille sera candidate olympique.

L’actualité devient « Conflit Social ».

A la SNCF, on concerte, on dis­cute, on justifie les choix et l’irréa­lisable… Les cheminots doivent payer… Mais pas sans réagir… La démonstration est exemplaire.

La F.G.A.A.C. interpelle le Pre­mier ministre, les Présidents des Assemblées, les Conseils régio­naux et la Direction de la SNCF sur la protection sociale.

Elle rencontre la Secrétaire d’Etat aux Transports et lance la grève du 23 novembre. Sa détermi­nation et celle des ADC seront le moteur d’un mouvement respon­sable digne et cohérent.

Ainsi, ce n’est pas faute d’avoir préve­nu les dirigeants de la SNCF (déclaration au C.C.E. le 2 novembre 1995) et toutes les insti­tutions républicaines le 10, que la F.G.A.A.C. est contrainte de dépo­ser un préavis de grève, le 17 novembre pour :

  • Le maintien de nos régimes spé­ciaux en matière de Caisse de Pré­voyance et de Retraite.
  • La liberté d’améliorer nos presta­tions spécifiques.

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LUNDI 20 NOVEMBRE 1995
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 La F.G.A.A.C. s’associe à la déclara­tion des fédérations de cheminots, dans le but d’appeler les cheminots à l’action le 23 :

 » La grève doit être massive « .

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MARDI 21 NOVEMBRE 1995
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Recom­mandations du Bureau Fédéral :

  • Ne laissons pas repousser l’âge de départ à la retraite des A.D.C., des cheminots ;
  • Ne laissons pas grever notre régime spécial de Prévoyance.

Agir tous ensemble avec rigueur et détermination.

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VENDREDI 24 NOVEMBRE 1995
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Commu­niqué de presse :

  • Une majorité de syndicats F.G.A.A.C. s’est d’ores et déjà prononcée pour poursuivre le mouvement de 24 heures dans la détermination, avec dignité et correction.

La mèche s’étant totalement consumée, le pétard explose !

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SAMEDI 25 NOVEMBRE 1995
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Commu­niqué de presse :

  • 100 % des syndicats F.G.A.A.C. en grève, déterminés, exigent par la voix de leur Fédéra­tion des garanties sur leurs régimes spéciaux de Retraite et de Pré­voyance.
  • Mouvement reconduit majori­tairement jusqu’au 27 novembre 1995 à 8 heures.

Le feu a pris, a gagné tout l’édi­fice conduite, les pompiers sur place refusent d’éteindre l’incen­die, leur P.C. refuse d’en donner l’ordre.

Le Secré­taire Général de la F.G.A.A.C. s’adresse au Directeur Général de la SNCF.

S’appuyant sur la forte déter­mination du personnel de conduite, il le prévient d’une propension cer­taine au durcissement du mouve­ment et des conséquences per­verses pour l’outil de travail en dévoyant le fondement même du mot d’ordre de la F.G.A.A.C., il rappelle que la date butoir du pré­avis F.G.A.A.C. est le 29 novembre 1995 à 8 heures et qu’ au-delà, elle soutiendra sans réserve, avec la même attitude responsable, la posi­tion de ses adhérents.

Le Secré­taire Général de la F.G.A.A.C. s’adresse au Premier ministre :

  • Copie de ce courrier adressée au Directeur Général de la SNCF.
  • Recom­mandations aux secrétaires de syn­dicat F.G.A.A.C. :
  • La direction Générale de la SNCF avance la table ronde sur le Contrat de Plan, initialement pré­vue le 27 novembre à 8 h 30, au dimanche 26 dans l’après-midi,
  • Quelle que soit l’issue de cette table ronde, la F.G.A.A.C. recom­mande à tous ses syndicats de maintenir la pression par la grève, tant que des garanties concernant la caisse de Retraite et de Pré­voyance n’auront pas été obtenues.

 Les flammes du brasier réchauf­fent le cœur des grévistes, les pompiers toujours sur place res­tent les bras croisés.

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DIMANCHE 26 NOVEMBRE 1995
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Communiqué de presse :

Table ronde du 26 novembre, aucune réponse précise aux ques­tions posées par le personnel de conduite en grève. La F.G.A.A.C. considère qu’il faut poursuivre l’action afin d’obtenir des garan­ties précises quant aux régimes spéciaux de Retraite et de Prévoyance.

 Ça brûle toujours aussi fort, les journalistes jouent les pyromanes.

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LUNDI 27 NOVEMBRE 1995
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Commu­niqué de presse :

La rencontre avec le Ministre BARROT:

  • Aucune garantie précise sur le régime spécial de Retraite et de Prévoyance ;
  • La commission LE VERT est mise en place.

Poursuite du mouvement dans la dignité avec la même détermina­tion responsable.

Le 27 novembre 1995, recom­mandations à tous les secrétaires de syndical F.G.A.A.C. :

  • La F.G.A.A.C. se félicite que les six autres organisations syndi­cales la rejoignent en appelant les cheminots à la grève contre la remise en cause des régimes spé­ciaux de Retraite et de Prévoyance, mais aussi contre le Contrat de Plan.
  • La F.G.A.A.C. ne s’associe pas à leur déclaration commune, car l’ensemble de ses syndicats dans l’action à 100 % depuis le 23 novembre à 20 heures exigent l’obtention de garanties précises régimes spéciaux de Retraite et de Prévoyance.
  • Pas de vote F.G.A.A.C. dans les assemblées générales de cheminots.

Le vent de la grogne attise le feu et tous regardent le brasier sans agir.

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MARDI 28 NOVEMBRE 1995
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Recom­mandations à tous les secrétaires de syndicat F.G.A.A.C.

Relate l’entretien avec le Ministre BARROT :

  • Aucune décision n’est prise concernant les régimes spé­ciaux dans le cadre du plan gouvernemental ;
  • La commission le vert devra faire des recommandations au gouvernement, avec discerne­ment. Par exemple en tenant comp­te de la spécificité de certains métiers qui justifie certaines dispo­sitions particulières.

La F.G.A.A.C. interroge le Ministre sur :

  • Le maintien du statut du personnel ;
  • Le maintien du régime spécial des cheminots.

Le Ministre n’a pas été capable de répondre avec précision à ces questions.

La F.G.A.A.C. appelle à la pour­suite du mouvement.

La F.G.A.A.C. annonce qu’elle sera reçue le soir à 18 heures par la Direction qui doit l’informer com­ment l’Etat veut traiter la dette de la SNCF dans le cadre du Contrat de Plan.

Partie 4

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MERCREDI 29 NOVEMBRE 1995
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Recom­mandations à tous les secrétaires de syndicat F.G.A.A.C.

Position F.G.A.A.C. à l’issue de la table ronde du 28 novembre :

  • Le Contrat de Plan Etat/SNCF ne lie pas la F.G.A.A.C. ;
  • Le volet social du Plan Straté­gique d’Entreprise qui découlera du Contrat de Plan sera l’élément essentiel sur lequel la F.G.A.A.C. devra négocier ;
  • L’objectif prioritaire et central de l’action des A.D.C. reste le niveau de pension et l’âge de départ à la retraite.

Les six autres O.S. ont fait un communiqué commun liant le Contrat de Plan à l’objet de la grève. La F.G.A.A.C. ne s’y est pas associée, restant depuis l’origi­ne sur sa ligne propre.

Les syndicats F.G.A.A.C. ne doivent pas être liés aux décisions des assemblées générales des che­minots et raison de plus s’il y a des éléments extérieurs à l’entreprise.

Le nombre de pyromanes aug­mente (EDF, PTT, RATP…).

Commu­niqué de presse :

La F.G.A.A.C. rappelle l’objec­tif prioritaire et actuel de l’action des A.D.C. :

  • Age de départ à la retraite et niveau de la pension :
  • Pas de garantie, toutes les assemblées générales des syndicats F.G.A.A.C. reconduisent ta grève.

Les tuyaux sont percés, c’est les pompiers qui l’ont fait.

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JEUDI 30 NOVEMBRE 1995
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 Déclara­tion au C.C.E.

  • Le représentant F.G.A.A.C. déclare qu’après 6 jours de grève, le climat se durcit et prend une ampleur prévisible, les A.D.C. attendent toujours des réponses précises susceptibles de débloquer la situation.
  • Quant à l’ordre du jour, la F.G.A.A.C. transmettra ses obser­vations écrites.
  • De tout temps, lorsque la F.G.A.A.C. est en grève, elle quitte la séance.

Les pompiers n’ont pas de tuyaux de rechange.

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VENDREDI 1 DÉCEMBRE 1995
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Commu­niqué de presse :

La F.G.A.A.C. constate que :

  • Les démarches successives effectuées chaque jour n’ont abouti à rien ;
  • Les syndicats F.G.A.A.C. ont tous reconduit le mouvement ;
  • La F.G.A.A.C. reçue à 16 h 15 par le Ministre d’Etat chargé des Transports, ne manquera pas de l‘interroger sur l‘objet même du conflit, à savoir quelles garanties sur l’âge de départ à la retraite et le niveau de pension.

Recom­mandations à tous les secrétaires de syndicat F.G.A.A.C.

  • La F.G.A.A.C. rappelle sa ligne de conduite depuis le début du conflit : garanties sur l’âge de départ à la retraite et sur le niveau de pension.
  • La pression de tous bords, exercée sur les militants et notam­ment par les médias, ne doit pas modifier notre position sur cet aspect essentiel des choses.
  • A l’issue de la réunion, la Fédération informera ses militants, pas les médias !

Les journalistes s’en prennent aux pyromanes, pensant ainsi réveiller les pompiers, malheureu­sement ceux-ci dorment toujours !

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SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1995
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 Recom­mandations à tous les secrétaires de syndical F.G.A.A.C.

  • La F.G.A.A.C. a été contactée par le secrétariat de la Commission LE VERT pour un rendez-vous qu’elle lui fixera dans la semaine du 4 au 8 décembre.
  • La F.G.A.A.C., n’ayant pas pour habitude de boycotter les réunions de quelque nature que ce soit, ira réaffirmer ses revendica­tions contenues sans son préavis.
  • Pas question de négocier autre chose, la F.G.A.A.C. ne dira rien aux médias.

La chaleur du brasier est diffici­lement supportable…

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DIMANCHE 3 DÉCEMBRE 1995
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C’est dimanche, le feu ravage tes communs. Il pleut et neige, mais cela ne suffira pas à éteindre l’incendie. Où sont passés les pompiers ?

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LUNDI 4 DÉCEMBRE 1995
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Recom­mandations aux secrétaires de syn­dicat F.G.A.A.C.

Avant 10 heures

  • La F.G.A.A.C. se rendra à la Commission LE VERT. Elle rappelle qu’elle s’y rendra pour défendre les termes de son préavis et pas question de dire ou de négo­cier autre chose.
  • La F.G.A.A.C. ne dira rien aux médias.
  • La F.G.A.A.C. défend ses adhé­rents ainsi que le régime spécial des cheminots sous le seul angle professionnel, mais n’alimentera pas et ne négociera pas sous des aspects et arguments politiques.

Interven­tion de la délégation de la F.G.A.A.C. lors de l’audition par la Commission LE VERT

Après 10 heures

  • La F.G.A.A.C. est une organi­sation syndicale professionnelle et catégorielle de salariés (loi de 1885 et Code du travail Titre I)
  • La F.G.A.A.C. n’est pas repré­sentée ni au Comité de Gérance de la Caisse de Retraite ni au Conseil d’Administration de ta Caisse de Prévoyance du régime spécial des cheminots.
  • Pour autant, la F.G.A.A.C. réfléchit d’une manière générale aux problèmes de protection socia­le et, plus particulièrement, sur le problème des régimes spéciaux de retraite et de prévoyance des cheminots.
  • Compléments d’informations techniques, évoqués au cours de l’audition, transmis par téléphone aux syndicats :
    • Taux de cotisation de retraite ;
    • Taux de cotisation de prévoyance ;
    • Légitimité du régime spécial des cheminots.

 Le feu monte dans les étages, la fenêtre du dernier a explosé, son occupant n ‘a plus qu ‘à sauter dans la bâche que tendent les pompiers.

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MARDI 5 DÉCEMBRE 1995
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Recom­mandations à tous les secrétaires de syndicat F.G.A.A.C.

  • Le Premier ministre s’adresse aux députés à l’Assemblée Nationale,
  • Il donne des assurances, mais aucune garantie par rapport aux attentes des A.D.C. Les échéances qu’il fixe :

Mars 1996 pour la retraite (conclusions de la Commission Le Vert) ;

Fin du 1er semestre 1996 pour la prévoyance (régime général d’assu­rance maladie).

Ceci constitue une réponse diffé­rée qui n’a rien à voir avec les questions posées.

  • A 20 h 30, le chef du Gouver­nement s’adresse aux Français :

RIEN DE PLUS !

Malgré les injonctions des pom­piers qui refusent toujours d’ouvrir les vannes, l’habitant du dernier étage résiste au feu…

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MERCREDI 6 DÉCEMBRE 1995
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Après avoir lamentablement trahi les salariés, une première fois en soutenant sans réserve le gou­vernement sur sa réforme de la pro­tection sociale, Nicole NOTAT, Secrétaire générale de la CFDT, trahit une seconde fois, en essayant de se raccrocher aux usagers en demandant l’instauration d’un ser­vice minimum à la SNCF et à la RATP. Aussitôt la SNCF tente de mettre en circulation des  » trains d’urgence « . La F.G.A.A.C. s’y oppose catégoriquement.

Jamais deux sans trois…

La F.G.A.A.C. écrit au Pre­mier ministre.

Communiqué de presse de la F.G.A.A.C. :

La F.G.A.A.C. sollicite une audience, faisant suite à la proposi­tion du Premier ministre lors de son intervention télévisée du 5 décembre, afin d’obtenir :

  • Les éclaircissements et garanties susceptibles de faire évoluer la situation. « 

Les syndicats F.G.A.A.C. ont tous reconduit le mouvement.

Au dernier étage, la chaleur augmente, mais le locataire tient toujours. H n’est pas prêt pour le grand saut.      

Partie 5

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JEUDI 7 DÉCEMBRE 1995
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Recom­mandations à tous les secrétaires de syndical F.G.A.A.C.

  • La F.G.A.A.C. est invitée, par le Président du C.A. de la SNCF (à la demande du Ministre des Trans­ports), à une réunion portant sur les régimes spéciaux de retraite, le 8 décembre à 9 heures.
  • La F.G.A.A.C. s’y rendra dans le but de défendre sa position : garanties sur l’âge de départ en retraite et niveau de pension.
  • Le gouvernement vient de nom­mer un faciliteur, Jean MATTEOLI, pour renouer le dialogue sur le Contrat de Plan.

Il y a longtemps que la maison brûle, un spécialiste du feu vient d’être nommé. Arrivera-t-il assez tôt pour sauver le locataire du der­nier étage ?

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VENDREDI 8 DÉCEMBRE 1995
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Recom­mandations à tous les secrétaires de syndicat

A la suite de la réunion avec le Président du C.A. de la SNCF :

Aucune hypothèse à exclure dans le cadre de la concertation, mais aucune garantie malgré la situation que chacun connaît.

  • Communiqué commun CGT- CFDT-FO-FMC-FGAAC. portant uniquement sur les exigences des cheminots d’obtenir des garanties sur leur régime spécial de retraite (âge de départ à la retraite, calcul des annuités et références) et de prévoyance.
  • Aucune réponse à l’urgence de la situation, les organisations syn­dicales quittent la séance.
  • Les O.S. s’adressent au Premier ministre, sauf la F.G.A.A.C. qui en a déjà eu l’initiative le 6 décembre 1995.
  • La F.G.A.A.C. se rend à ta réunion avec le médiateur MATTEOLI sur le Contrat de Plan. Elle réaffirme sa position sur l’objet même du conflit (garanties sur l’âge de départ à la retraite et niveau de pension),
  • Le médiateur propose une nou­velle écriture du Contrat de Plan et quant à l’objet du conflit, il réinvi­te la F.G.A.A.C. à le rencontrer de nouveau, te samedi 9 décembre à 11 heures.

Le feu poursuit son œuvre, mais les pompiers s’organisent, ils ont aussi le feu au derrière.

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SAMEDI 9 DÉCEMBRE 1995
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Recom­mandations aux secrétaires de syn­dicat F.G.A.A.C.

La réunion prévue à 11 heures s’est transformée en une réunion avec toutes les O.S. à 16 heures.

Le médiateur nous annonce :

  • sur le Contrat de Plan, il serait prêt à proposer au gouverne­ment de remettre à plat le projet de Contrat de Plan actuel :
  • sur les problèmes du régime spécial de retraite et de prévoyance des cheminots, le Premier ministre vient d’étendre sa mission de médiation.
  • Il interroge les O.S. pour connaître leurs demandes, ainsi que la façon dont elles pourraient assu­rer ta pérennité de leurs régimes spéciaux à l’horizon 2005/2010 afin d’en rendre compte au Premier ministre.
  • Au 16ème jour de l’action des A.D.C,, ceux-ci attendent toujours des garanties quant à l’âge de départ à la retraite et le niveau de pension.
  • Pour ce qui concerne l’horizon 2005/2010, la F.G.A.A.C. rappelle que, depuis 1949 avec une démo­graphie défavorable, les régimes spéciaux des cheminots ont été pré­servés et qu’il n’en serait être autrement à l’avenir.
  • La F.G.A.A.C. se rendra à la réunion du lundi 1 I décembre à 15 heures.

Comme par miracle, on a retrou­vé la grande échelle et on a changé les tuyaux.

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DIMANCHE 10 DÉCEMBRE 1995
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A 20 h 15, sur France 2, le colonel des pompiers annonce les mesures qu’il a prises pour venir à bout du sinistre. Il garantit le succès de son opération.

Les riverains attendent confir­mation des garanties en jugeant sur place.

Communiqué de presse de la F.G.A.A.C. :

 » La F.G.A.A.C. a entendu le Premier ministre :

  • Sur le Contrat de Plan, la F.G.A.A.C. poursuivra la concertation ;
  • Sur le régime spécial de retraite et de prévoyance des cheminots, la F.G.A.A.C. attend confirmation sur les garanties exprimées par le Pre­mier ministre à la télévision. « 

Par une lettre commune, la F.G.A.A.C., avec les autres O.S. cheminotes, s’adresse au Premier ministre pour obtenir confirmation des garanties exprimées lors de son intervention télévisée.

Le colonel des pompiers asperge lui-même les flammes. Au dernier étage, le feu s’étouffe petit à petit, mais reste sous haute surveillance, car il couve encore et peut se rani­mer rapidement.

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LUNDI 11 DÉCEMBRE 1995
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La réunion prévue avec le médiateur à 15 heures est annulée.

Alors que le Premier ministre reçoit les confédérations à Mati­gnon, il s’adresse à la F.G.A.A.C. par lettre à 20 h 30, pour confirmer par écrit les garanties demandées pour l’ensemble des cheminots, à savoir :

  • Pas question de changer l’âge de départ à la retraite prévu pour chaque catégorie d’agents de la SNCF ;
  • Toutes les modalités de calcul du montant des retraites sont maintenues ;
  • Gel du projet de Contrat de Plan.

Le feu est circonscrit. La straté­gie du colonel des pompiers, même si elle n’est pas glorieuse pour les hommes du feu, a payé. II n’a pas eu à sauter.

Les dégâts causés par le feu constituent un recul évi­dent par rapport aux velléités du pyromane locataire du dernier étage.

 Pour les agents de conduite, l’assurance F.G.A.A.C. a bien fonctionné.

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MARDI 12 DÉCEMBRE 1995
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En décembre, la France marche et vit dans les embouteillages, dans la neige, au rythme du Conflit et des initiatives malheureuses du Gouvernement… Chacun l’aura vécu différemment, mais il aura rarement dépassé le cadre des Cheminots et particulièrement des A.D.C…. Malgré les manifs la grève générale n’aura pas lieu.

Les accords de Dayton sont rati­fiés en France… L’OTAN les fera respecter… Explorer envoie des images d’un nouveau monde… « L’EURO » sera la mon­naie unique.

Le Téléthon, les initiatives pour trouver des moyens pour lutter contre le Sida, les restos du cœur, prouvent une nouvelle fois que la solidarité n’est pas un vain mot et que de grandes choses sont pos­sibles si elles ne sont pas iniques.

Léon est mort…

A la SNCF, les trains sont tou­jours à l’arrêt, les postes occupés… Les cheminots sont au piquet ou chez eux… Les ADC sont en grève à plus de 98 % et attendent les garanties qu’ils demandent depuis le 23 novembre.

A partir du 12, le cerveau (la Direction Générale particu­lièrement atrophiée pendant 20 jours), le cœur (les ADC qui font confiance à la F.G.A.A.C. et ont compris) sont de nouveau opéra­tionnels… Il reste à irriguer les artères et le réseau… Le Président est démissionné… Un autre est nommé… Petit à petit la vie professionnel­le peut reprendre dans les dépôts.

La F.G.A.A.C. qui a poursuivi seule avec les ADC sans disconti­nué depuis le 23 novembre a ren­contré seule toutes les personnali­tés et instances mises en place pour dénouer le Conflit.

Avec le soutien sans faille des ADC elle a concerté et négocié pour obtenir les garanties écrites qui faisaient l’objet de son préavis au-delà de la simple catégorie qu’elle représente.

L’essentiel est préservé. La F.G.A.A.C. continuera à le défendre et à l’améliorer pour le faire progresser pour construire l’avenir.

Une nouvelle fois l’année 1995 vient de démontrer que « les pro­messes ne valent que pour ceux qui les écoutent » et que seule la véri­table et vraie action syndicale est le seul rempart aux mesures iniques et à la régression sociale.

Une fois encore ceux qui compo­sent la F.G.A.A.C. n’auront fait que leur devoir de vrais syndicalistes. Après avoir tiré la sonnette d’alar­me depuis 1991 et sans jamais avoir « joué à se faire peur » ils n’auront accepté que « l’on plume la volaille sans qu’elle réagisse ».

Puissent ces termes de manage­ment être bannis à jamais du voca­bulaire de nos dirigeants et qu’ils comprennent enfin que l’on bâtira l’avenir ensemble, avec les OS. mais jamais en laissant librement décider quelques individus qu’ils soient dirigeants ou sim­ples exécutants.

Libre, indépendante, autono­me, la F.G.A.A.C. continuera la voie qu’elle poursuit depuis 1885 pour l’aboutissement des reven­dications des ADC qui lui font confiance et qui dérangent certains.

L’avenir, c’est résolument, juste et social, que la F.G.A.A.C. entend le construire. Sa dernière action en est la démonstration.

C’est avec plus de détermination et avec le soutien de plus d’ADC qu’une nouvelle année débute… 1995 est morte… Vive 1996.


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